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MFS  >  Publications  >  Cyclisme, technologie et science (mars 1998)

  6. La technologie lors des courses

 

Dès que le coureur se sera entraîné sur une bicyclette higt-tech en tenant compte des différents facteurs traités au chapitre cyclisme et science, il voudra sans aucun doute se tester. Pour cela, il participera à diverses compétitions selon son niveau, bien entendu.

Le cyclisme est un sport très populaire. Afin de faire partager les exploits de l’élite mondiale à tous les passionnés, des dizaines, voire des centaines de télévisions, de radios et de journaux suivent les courses et retransmettent des informations en direct. Pour qu’un coureur ne doive pas abandonner à cause d’un vulgaire problème technique, des dizaines de voitures et de motos les suivent et les dépannent en cas de besoin. En effet, une grande course cycliste implique une grande organisation et donc des moyens techniques importants.

Les organisateurs et les villes étapes doivent être prêts à diriger des centaines de personnes et de véhicules. Une caravane de cent cinquante coureurs implique une suite de directeurs sportifs, masseurs, mécaniciens, journalistes, commissaires de l’UCI, officiels, etc. Une course cycliste déplace énormément de monde et suscite un grand succè populaire; c’est pourquoi tout doit être réglé dans les moindres détails.

 

6.1. Les villes étapes

Tout d’abord, je voudrais que vous lisiez attentivement la liste qui se trouve ci-dessous. Il s’agit du Tour de France 1998 en chiffres (sources : Société du Tour de France) :

Organisation

47

Permanents STDF

190

Équipiers

20

Jury des commissaires

15

Service médical

150

Prestataires

45

Gendarmerie

10

Police

  477

Équipes

200

Coureurs

265

Accompagnateurs

  465

Représentant 22 équipes

Partenaires

300

Responsables et personnel

  300

Médias

715

Journalistes

315

Photographes et cameramen

790

Techniciens

1820

Représentant : 

436

Titres de presse

35

Chaînes de TV nationales

20

Chaînes de TV régionales

40

Radios nationales

50

Radios locales

Caravane publicitaire

650

Caravaniers

50

Vente

  700

Total :

3762


 

Impressionnant ! Vous ne trouvez pas ? J’avoue qu’il s’agit des chiffres pour la plus grande course cycliste au monde, mais tout de même. J’ai tiré ces chiffres du " Dossier villes ", édité par le Commissariat général de la société du Tour de France. Il contient tous les devoirs d’une ville étape du Tour de France; je vous garantis que c’est impressionnant. Je ne peux malheureusement pas vous le mettre en annexe car c’est un dossier d’une trentaine de pages.

Etre ville étape du Tour de France est un grand honneur et surtout, les retombées économiques sont loin d’être négligeables. Mais pour avoir cette chance, il faudra être choisie parmi des centaines de volontaires et payer une certaine somme (300’000 Frs.). Ensuite, il faudra accueillir les trois mille sept cents personnes et leur fournir des locaux de travail. Les logements (hôtels) sont pris en charge par la société du Tour de France.

Les prestations que la ville étape doit mettre sur pied vont de la gerbe de fleurs à offrir au vainqueur, à la mise à disposition de quatre cents mètres carrés de bureau (avec sanitaire et électricité) pour l’installation des bureaux de Direction et d’Organisation. On trouve également quelques points originaux, comme celui précisant qu’il faudra fournir huit cents kilos de glace (en pain) au stand ravitaillement, trois heures avant l’horaire de départ.

L’organisation d’une grande course cycliste n’est pas une affaire facile. Elle nécessite des heures de travail acharné et des moyens techniques démesurés. Rien ne doit être laissé au hasard; tout doit être prévu; une erreur ou un oubli serait impardonnable et pourrait avoir des conséquences désastreuses. C’est pour cela que la Société du Tour de France travaille à plein temps à l’organisation de ce véritable mythe, faisant vibrer chaque été des milliers de personnes.

 

6.2. La caravane

Comme vous le savez tous, une course cycliste est généralement composée de coureurs et de voitures suiveuses. Mais à quoi peuvent bien servir ces centaines de véhicules (1’170 véhicules sur le Tour de France 1997 !) ? La plupart achemine le matériel nécessaire dans les villes étapes, d’autres conduisent les journalistes et les officiels à l’arrivée, certaines sont uniquement là à des fins publicitaires, etc. Leurs usages et leurs rôles sont très nombreux ...

Ceux qui m’intéressent plus particulièrement sont les voitures des directeurs sportifs, les voitures de certains officiels et certaines motos. Chaque équipe engagées a généralement deux voitures suivant les coureurs, leur but étant d’aider les coureurs en cas de crevaison ou de problèmes techniques les plus divers. Elles transportent également le ravitaillement, des vêtements chauds pour les épreuves de montagne et les pièces de rechange (des roues ou carrément un vélo tout entier, bon, ce n’est plus vraiment des pièces de rechange, m’est enfin ...). Les véhicules d’équipe sont aidés par les voitures et les motos neutres également disséminées dans le peloton. Ces dernières aident toutes les équipes sans distinction.

Grâce à tous ces véhicules, les coureurs peuvent à tout moment obtenir un bidon, une nouvelle roue en cas de crevaison, etc. Mais, les voitures des directeurs sportifs sont également équipées d’un récepteur radio. L’émetteur ? " Radio Tour " ! La voiture officielle se trouvant à l’arrière de la course émet des renseignements précis sur le déroulement de la course. Ainsi, chaque directeur sportif est au courant de ce qui se passe et peut adopter des tactiques de course qu’il transmettra à ses coureurs au moment où ils viennent chercher des bidons ou en remontant à leur hauteur dans le peloton.

Les coureurs sont également informés sur la tournure des événements. Les motards leur communiquent les écarts à l’aide d’ardoises. Récemment, un nouveau procédé a fait son apparition, il s’agit d’un récepteur radio miniaturisé que le coureur a constamment sur lui. Ainsi son directeur sportif peut lui donner des conseils et des ordres à distance. Malheureusement, ce procédé n’est pas encore tout à fait au point et est donc très peu utilisé. La radio a un rôle très important dans une caravane. Elle permet de communiquer d’une voiture à une autre et d’être ainsi au courant de tout ce qui se passe. Sur le plan tactique, elle est devenue indispensable.

Dans la caravane, rien n’est vraiment inutile; tout le monde contribue d’une manière ou d’une autre au bon déroulement de la course. Mais là encore, l’UCI n’a rien laissé au hasard et a instauré des règles bien précises concernant la position des véhicules dans la caravane.

 

6.3. Le cyclisme et la télévision

Si le cyclisme est aujourd’hui aussi populaire et connu de tout un chacun, c’est probablement grâce à la télévision. Pratiquement toutes les courses de Coupe du monde sont couvertes par une chaîne de TV nationale et retransmises en direct à des millions de téléspectateurs.

A l’heure actuelle, il est devenu banal d’allumer son poste de TV un dimanche après-midi et de regarder le cyclisme. Pourtant, avant d’arriver chez vous, ces images ont dû parcourir un long trajet parsemé d’embûches. Pour que vous puissiez regarder le Tour de France en direct de votre salon, les télévisions ont déployé des moyens techniques et humains impressionnants et déboursé des centaines de milliers de francs. Par exemple, pour couvrir en direct la dernière heure et demie de toutes les étapes du Tour de Romandie, la TSR a dépensé neuf cent mille francs et a mobilisé environ cent personnes.

Le principal problème que doivent résoudre les techniciens de la TV est le déplacement des coureurs. Les cyclistes parcourent deux cents kilomètres par jour et pour que les cameramen soient toujours au coeur de l’action, il faut obligatoirement suivre le mouvement. Ensuite, les images doivent être retransmises à un récepteur et le tout sans fils, bien entendu ! Je pense que vous comprendrez par vous-même que c’est là une tâche très complexe, mais je vais essayer de vous l’expliquer de manière simplifiée.

Une partie des cameramen se trouvent sur des motos (deux ou trois suivant la course) et restent ainsi au coeur du peloton et de l’action. Afin de pouvoir faire des plans aériens et de réaliser ainsi des vues d’ensemble pour les téléspectateurs, on utilise généralement un ou deux hélicoptères. Des caméras fixes sont également installées sur la ligne d’arrivée. Ces dernières, étant directement reliées au car régie par fils ne causent pas des grands problèmes de transmission de l’image.

Par contre, pour retransmettre les images des hélicoptères, et plus particulièrement des motos, les problèmes à résoudre sont de taille. Afin de faire circuler une image (sans fil), il ne faut pas que l’onde rencontre un quelconque obstacle (maisons, arbres, etc.). C’est pourquoi l’utilisation d’un hélicoptère de relais est indispensable. Ce dernier vol en dessus de tous les obstacles que l’image pourrait rencontrer. Toutes les images qu’il a captées seront ensuite envoyées à une antenne placée sur une hauteur non loin de la ligne d’arrivée (montagne, tour, etc.). Les images captées par ces antennes repartiront vers un satellite qui les retransmettra au car régie situé sur la ligne d’arrivée.

Le car régie est en fait une salle de mixage mobile du son et de l’image comme on en trouve dans tous les studios. Les images et les sons y sont " traités ", on y ajoute le commentaire et voilà, plus qu’à envoyer chez vous ! Normalement, dès que l’image est arrivée dans le car, il n’y a plus de grands problèmes à résoudre; dès lors, il s’agit d’un travail de studios tout-à fait-normal.

Ce procédé est en théorie très simple. Mais dans la pratique, il y a toujours le petit imprévu qui peut avoir des conséquences désastreuses. C’est pour cela que toutes les personnes agissant dans cette chaîne peuvent communiquer entre elle; cela contribue encore à la complication de cette " toile d’araignée " d’ondes déjà très complexe !

Le schéma que je vous ai décrit ici en est un parmi tant d’autres. Les variantes sont nombreuses, mais dans les grandes lignes le procédé demeure toujours le même. Bien entendu, j’ai nettement simplifié car la retransmission d’images n’est pas une tâche facile.

A partir d’aujourd’hui, j’espère que vous aurez une pensée plus particulière pour les dizaines de techniciens de la TV qui nous permettent d’apprécier ce sport. C’est à eux que vous devez cette magie ! Le Tour en direct de votre salon ...

 

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