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MFS  >  Publications  >  Cyclisme, technologie et science (mars 1998)

 

5. Cyclisme et science

 

Un bon vélo contribue certainement à la réussite, mais tous cycliste vous dira : " ce sont toujours les jambes qui font la différence ". Si vous donnez le vélo de Chris Boardmann à une personne non entraînée, elle ne gagnera en aucun cas le prologue du Tour de France. L’utilisation d’une bicyclette haut de gamme aide un coureur à remporter la victoire, mais c’est grâce à l’entraînement auquel il s’est soumis qu’il pourra gravir la plus haute marche du podium.

Actuellement, les connaissances dans les domaines de la médecine et de la diététique, plus particulièrement, contribuent à une meilleure approche de l’effort. Plus son approche est précise, plus le coureur pourra donner le meilleur de lui-même à une échéance donnée, au Tour de France pour la plupart d’entre eux ! A notre époque, les entraînements des sportifs de haut niveau sont divisés en cycles. Ce procédé permet un entraînement optimal, il est possible grâce à une meilleure connaissance du coeur et des muscles.

On peut toujours reculer les limites de l’effort, parce qu’on va mieux gérer son approche. On maîtrise de mieux en mieux toutes les données qui permettent d’acquérir le cent pour cent de ses moyens. "

Marc Madiot
Directeur sportif de l’équipe
La Française des Jeux
et ancien coureur professionnel

Marc Madiot a parfaitement raison ! La preuve en est que les moyennes de vitesse lors des grands tours sont toujours plus élevées. Ce n’est sûrement pas un hasard; l’avancée technologique y contribue certainement, mais la principale raison de cette augmentation est principalement due à cette meilleure approche de l’effort.

Les détails des modes d’entraînement sont complexes, de même que les études du corps humain. C’est pour cela que je me contenterai de vous expliquer les différentes approches que l’on peut avoir, sans rentrer dans des détails complexes, qui pourraient faire l’objet d’une thèse de médecine sportive.

 

5.1. Notre organisme

Une bonne connaissance du fonctionnement de notre organisme est la clef pour avoir une bonne maîtrise de l’effort. Plus nous connaîtrons les réactions de notre corps, plus nous pourrons le maîtriser et l’adapter à des conditions extrêmes. Les trois principaux facteurs qui entrent en ligne de compte sont :

  • les muscles

  • le coeur

  • la diététique

 

5.1.1. Le fonctionnement des muscles

Chaque sportif, du tireur à l’haltérophile, utilise ses muscles. Les muscles peuvent être considérés comme un petit moteur devant consommer du carburant pour fonctionner correctement. Cette " essence " provient de la dissociation d’une molécule : l’adénosine triphosphate (ATP) ; elle est formée d’une base (l’adénine), d’un sucre (le ribose) et de trois groupes de phosphates.

Le stockage de l’ATP dans nos muscles est très limité. En effet, elle est consommée en quelques secondes d’effort. Pour maintenir l’activité physique, le corps doit alors synthétiser l’ATP de trois manières étroitement liées. Il privilégiera une voie métabolique qui dépend de la puissance musculaire requise et de la durée de l’exercice.

 

Le métabolisme aérobie et anaérobie

La voie de remplacement de l’ATP la plus rapidement mise en œuvre utilise la phosphocréatine, qui est également une molécule énergétique contenant du phosphate. L’énergie dégagée par la dégradation de cette molécule sert donc à remplacer l’ATP. Cette voie ne fonctionnant qu’une dizaine de secondes, peut uniquement servir lors d’un sprint (cent mètres, sprint dans les courses cyclistes, etc.). Pour les efforts prolongés, le corps met alors deux autres systèmes sur pied : la glycolyse anaérobie et la glycolyse aérobie.

La glycolyse anaérobie intervient en premier lieu. Les cellules dégradent alors le glucose ou le glycogène contenu dans nos muscles. Cette dégradation produit malheureusement un déchet : le lactate. Celui-ci, en s’accumulant, va se transformer en acide lactique. Cet acide va alors provoquer les brûlures musculaires propres aux personnes qui manquent d’entraînement.

L’entraînement sert à habituer les athlètes à avoir une forte concentration d’acide lactique dans leurs muscles. Mais, même chez les personnes entraînées, au bout d’un certain temps, la surabondance d’acide va ralentir les contractions musculaires. Le corps doit alors passer le relais à la glycolyse aérobie.

Pour les épreuves d’endurance, le corps va donc obtenir de l’énergie grâce au métabolisme aérobie. Celui-ci agit par dégradation des sucres, des graisses et des protéines en présence d’oxygène. Contrairement à la glycolyse anaérobie, elle n’est pas activée immédiatement. Ce n’est qu’après quelques minutes (une ou deux) qu’elle est déclenchée. Ce délai sert à l’adaptation du rythme cardiorespiratoire qui doit fournir l’oxygène nécessaire à la combustion des différents sucres, graisses et protéines.

Avec l’activation de cette voie, les autres ne fonctionnent plus qu’à un niveau réduit. De l’acide lactique et du lactate sont toujours produits, mais en quantité moindre, consommée par les muscles moins actifs ou métabolisée dans le foie, ce qui évite leur accumulation.

Malgré son efficacité, le métabolisme aérobie produit de l’énergie en quantité limitée. Des besoins temporaires supplémentaires doivent être pris en charge par les autres voies, sans cesse renouvelées.

Un cycliste tire l’essentiel de son énergie du processus aérobie. Mais quand il doit sprinter, le corps utilise immédiatement en complément d’ATP stockée ou d’ATP créée par voie de phosphocréatine. Quand le sprint se prolonge plus de quinze secondes, la glycolyse anaérobie prend le relais et une fois le sprint terminé, le métabolisme aérobie redevient prépondérant.

Cette explication, qui peut vous paraître compliquée, est pourtant simplifiée. Ce qu’il faut en retenir, c’est que le cycliste tire le nonante neuf pour cent de son énergie par le processus aérobie.

Ces constations permettent de cibler la zone d’entraînement, c’est-à-dire dans notre cas, le processus aérobie. Afin de s’améliorer sans dépenser toute son énergie, il faut s’entraîner au quatre-vingts pour cent de ses moyens. Ainsi, suite à un entraînement régulier, notre corps s’adapte à l’effort et nous permet de progresser toujours plus.

Mais la simple étude des muscles n’est pas pratique; elle ne permet pas au sportif de savoir dans quel processus il est à un moment donné. C’est pour cela que des ponts entre le coeur et les muscles ont été découverts. Le pouls permet de définir de manière précise le seuil entre la glycolyse aérobie et la glycolyse anaérobie; de plus, il est facilement mesurable à l’aide d’un cardio-fréquencemètre

 

5.1.2. Le seuil anaérobie

Comme tout le monde le sait, les battements du coeur augmenteront en fonction de l’effort fourni par nos muscles. Le nombre de battements par minute est très variable d’une personne à l’autre. A une vitesse donnée, le coeur d’un sportif d’endurance de haut niveau battra à cent vingts pulsations par minute, alors que celui d’une personne non-initiée atteindra les sommets.

L’approche la plus judicieuse et la plus saine que l’on puisse faire de l’effort est sans aucun doute l’étude de la fréquence cardiaque. Actuellement, la majeure partie des athlètes de haut niveau s’entraînent en fonction de leur coeur. Ce mode de faire est même recommandé pour des personnes ne voulant pas pratiquer de la compétition, mais simplement garder une bonne forme physique.

Le professeur Italien Conconi a découvert que la fréquence cardiaque augmentait proportionnellement à la charge de travail fournie par les muscles. Cela intervient seulement dans un premier temps. Dès le moment où l’effort se prolonge, la droite marquera une cassure se produisant justement au moment où l’acide lactique commence à s’accumuler dans le sang. Cette rupture est appelée seuil anaérobie.

Rappelez-vous du chapitre précédent (le fonctionnement des muscles); on y disait que la trop forte quantité d’acide lactique dans le sang produisait un changement de métabolisme ! Grâce à la courbe de Conconi, on peut définir de manière précise le moment où le sportif passe à la glycolyse aérobie.

Actuellement, ce système est le plus précis et le plus utilisé dans le monde du sport. L’autre manière de procéder serait la prise de sang, mais vous pouvez imaginer sans trop de problème quelles seraient les conséquences d’une prise de sang durant un effort intensif.

 

 

 

5.1.3. La fréquence cardiaque pour seule mesure

Le cycliste tire l’essentiel de son énergie du métabolisme aérobie. Afin de s’améliorer et de ne pas brûler ses réserves, il devra s’entraîner à une fréquence cardiaque inférieure au seuil anaérobie (septante à quatre-vingts pour cent en dessous). Ce mode de faire permettra une amélioration constante et surtout ses réserves de glucose (utilisées lors du métabolisme aérobie) resteront intactes pour les compétitions. Si le coureur progresse au long de l’année, la courbe de Conconi s’aplanira !

Exemple :

 

 

Afin de calculer la fréquence optimale d’entraînement, il faut donc connaître son seuil anaérobie. Ce seuil varie d’après plusieurs facteurs : l’âge, l’entraînement, la capacité d’absorption de l’oxygène (VO2), etc. Pour les personnes ne pratiquant pas de sport à un haut niveau, il existe des tableaux composés de valeurs moyennes.

Pour calculer son seuil anaérobie, il suffit de prendre le quatre-vingts pour cent de sa fréquence cardiaque maximale. Cette dernière se calcule ainsi : deux cent vingt moins l’âge. Les valeurs ainsi calculées sont des moyennes. Pour des personnes disposant déjà d’un entraînement d’endurance, on utilise généralement le quatre-vingt cinq pour cent de la fréquence cardiaque maximale. Dans le tableau ci-dessous, vous pouvez découvrir quelques exemples :

 

 

Ces valeurs moyennes peuvent être utilisées par des personnes désirant garder une bonne forme physique et ne visant pas la médaille d’or aux futurs Jeux olympiques. Pour les sportifs de haut niveau, ces valeurs n’ont absolument rien à voir avec leur condition physique très particulière. Dans leur cas, il faudra calculer le seuil anaérobie de manière individuelle.

La principale différence survenant après un entraînement d’endurance est la diminution du pouls au repos. Contrairement à ce que disent certaines personnes, cela n’a rien d’anormal ni de malsain, bien au contraire. Le coeur est un muscle comme un autre, si on le sollicite beaucoup (comme le font toutes les personnes pratiquant un sport), il va grandir et ainsi envoyer plus de sang dans nos veines en un seul battement.

Un bonne irrigation sanguine est très importante lors de l’effort, car ce sont les globules rouges qui :

  • amènent les combustibles (glucose, graisse, etc.) aux muscles;

  • apportent l’oxygène nécessaire à la combustion de ces substances lors du métabolisme aérobie;

  • évacuent l’acide lactique vers le foie où il sera stocké et détruit.

Sachez encore que plus on a de sang dans notre corps, plus ces avantages seront mis à profit. La présence d’une grande quantité de sang permet aussi d’accumuler plus d’acide lactique. Si les globules rouges sont nombreux, l’oxygène et le combustible arriveront en plus grand nombre dans les muscles et la performance sera améliorée. Le chapitre du dopage traitera d’un produit (l'EPO) destiné à augmenter le nombre de globules rouges.

 

5.1.4. Le test de Conconi

Le test de Conconi permet de calculer le seuil anaérobie de manière individuelle. Si l’on dispose du matériel nécessaire, on peut très facilement se soumettre à ce test chez soi; cependant, il vous faudra l’aide d’un assistant.

Le but de ce travail n’est pas de vous décrire de manière précise comment procéder pour réaliser ce test. De plus, je vous conseille vivement de faire appel à un médecin, car il faut être en très bonne condition physique pour ne pas risquer d’avoir un malaise ou, au pire, un arrêt cardiaque. En effet, ce test vous poussera jusqu’aux limites de l’épuisement. Certains médecins vous soumettront volontiers à ce genre de tests. De plus, votre docteur pourra vous assurer que vous n'encourez aucun danger et il obtiendra des résultats bien plus précis !

Le matériel généralement utilisé par les médecins est :

  • une bicyclette ergomètre (on peut ainsi mesurer la puissance en watts) indépendante de la vitesse de rotation,

  • un chronomètre ou une montre permettant la mesure des secondes,

  • un cardio-fréquencemètre (appareil destiné à la mesure du pouls),

  • un ordinateur doté d’un programme spécialement conçu pour les tests de Conconi.

Le déroulement du test

Avant de commencer, il vous faut installer votre cardio-fréquencemètre (plus de détails au point traitant des montres POLAR). Ensuite, vous prenez place sur la bicyclette et vous vous échauffez un peu. Voilà, tout est en ordre ? Le test peut commencer !

Au départ, le vélo est réglé sur une puissance de cent watts. Vous commencez alors à pédaler à un rythme d’environ quatre-vingts tours par minute. Après cent vingts secondes à ce rythme, votre fréquence cardiaque doit être notée, à moins que le cardio-fréquencemètre la mette dans sa mémoire. Pendant ce temps, vous continuez bien entendu à pédaler et vous augmentez la performance de vingt watts. L’intervalle suivant est de cent secondes; une fois qu’il est écoulé, la fréquence cardiaque est notée et la performance est augmentée.

Ensuite, la fréquence cardiaque doit être mesurée à différents intervalles bien précis et la puissance doit être augmentée. Le but de l’exercice est de toujours pédaler au même rythme, malgré la puissance qui augmente sans cesse et ce, jusqu’à l’épuisement total !

Dès que vous relâchez l’effort, buvez quelque chose tout en continuant à pédaler à une puissance très basse, ceci afin de ne pas stopper l’effort trop brusquement. Généralement, le médecin dispose d’un cardio-fréquencemètre mémorisant les fréquences cardiaques. Si c’est le cas, ils sont adaptables avec un programme informatique qui va calculer automatiquement le seuil anaérobie, la puissance maximale et la fréquence cardiaque maximale. Dans le cas contraire, il faudra faire le graphique à la main et déterminer le seuil anaérobie de manière approximative.

L’analyse de ces différents résultats permet de concevoir un plan d’entraînement détaillé et surtout de l’optimiser suivant les caractéristiques du sportif !

 

5.2. Présentation de l'entreprise Polar Electro Oy

Le professeur Seppo Säynäjäkangas a fondé cette entreprise en 1977. Aujourd’hui, il est le président du conseil d’administration et l’actionnaire principal d’une entreprise mondialement connue. Le Professeur, avant de fonder Polar Electro Oy, était à la tête du laboratoire électronique de l’Université de Oulu en Finlande.

De nombreuses années de recherches ont été nécessaires avant de créer un produit aux nombreuses qualités, mondialement connu et orienté vers les besoins du client. Aujourd’hui, Polar Electro Oy met sur le marché des cardio-fréquencemètres d’une grande renommée.

On distingue deux grandes gammes de cardio-fréquencemètres : la Fitness Line et la Profi Line. La grande caractéristique de ces produits est la liaison sans fil entre l’émetteur, situé autour de la poitrine, et le récepteur, situé au poignet sous forme de montre ou sur le guidon du vélo. Cette caractéristique ne diminue aucunement la précision de ces engins aux multiples fonctions.

 

La Fitness Line

Elle est plus spécialement conçue pour toutes les personnes ne désirant pas faire de la compétition de haut niveau, mais plutôt de tirer le meilleur parti de leur programme de mise en forme. La politique de ces produits est surtout axée sur un prix accessible. Le cardio-fréquencemètre le plus bas de gamme indique uniquement la fréquence cardiaque, alors que le meilleur de la gamme a déjà de nombreuses fonctions.

La montre présentée ci-dessous est la meilleure de la gamme Fitness, elle a donc un maximum d’options. Entre le cardio-fréquencemètre mesurant uniquement la fréquence cardiaque et cette dernière, on trouve trois autres produits avec des qualités un peu moindres. Les différents produits de Polar Electro Oy forment un dégradé; chaque montre a une ou deux fonctions de plus que la précédente. Les prix pour la gamme Fitness s’élèvent de cent quarante à deux cent trente francs environ.

 

POLAR PACERTM

C’est le meilleur cardio-fréquencemètre de la gamme Fitness. Il cumule les fonctions suivantes :

  • mesure de la fréquence cardiaque avec une précision ECG,

  • écran lumineux pour les entraînements de nuit,

  • affichage permanent et digital de la fréquence cardiaque,

  • affichage de l’heure et fonction d’alarme,

  • émetteur léger sans fil,

  • programmation des limites inférieure et supérieure avec alarme. Ce système avertit le coureur lorsqu’il dépasse la fréquence cardiaque maximale ou minimale qu’il s’est fixée pour son entraînement,

  • fonction chronomètre jusqu’à dix heures,

  • étanche à vingt mètres (pour les nageurs, ces montres sont utilisables pour n’importe quel sport !).

 

La Profi Line

Cette gamme de produit est spécialement conçue pour les sportifs de très haut niveau ou pour les personnes désirant rejoindre l’élite mondiale. En plus des fonctions générales d’un cardio-fréquencemètre, ces modèles comprennent des fonctions de test, jusqu’à l’analyse complète de l’entraînement sur PC à l’aide d’un programme mis au point par Polar Electro Oy.

Les fonctions supplémentaires par rapport à la Fitness Line sont surtout les mémoires, capables de retenir les battements du coeur, l’altitude (à l’aide du programme adapté, on pourra faire une courbe de dénivelé), la vitesse, la distance et bien d’autres fonctions. Le possesseur d’un pareil engin pourra donc, à l’aide d’une interface, analyser son entraînement de manière super précise sur son PC.

Les prix pour de pareils appareils s’étendent d’environ trois cent quarante francs à sept cents francs à l’unité et sans le PC !

 

5.3. L'alimentation

Tous les aliments que nous consommons sont composés de cinq constituants individuels. Il s’agit :

  • de la graisse (ou lipides),

  • des protéines,

  • des glucides (ou hydrates de carbone),

  • et des vitamines.

  • des minéraux,

Les minéraux et les vitamines ne contribuent que très peu, pour ne pas dire pas du tout, à la mise à disposition d’énergie. C’est pourquoi je me concentrerai surtout sur les trois autres. Ces derniers se trouvent principalement dans les aliments suivants :

Je vais vous décrire les différentes caractéristiques et fonctions de ces différents constituants. N’étant pas un spécialiste en diététique, je me permettrai de faire quelques simplifications.

 

Les protéines

Elles servent surtout à la fortification et à la " construction " de notre corps. En cas d’urgence et d’effort intensif, le foie peut transformer les protéines en glucide. L’inverse est également possible, par contre, la graisse ne peut être retransformée en une autre substance.

 

Les glucides (ou hydrates de carbone)

On distingue trois groupes de sucres :

  • Les sucres simples ou rapides, ce sont le fructose et le glucose. Leur principale caractéristique est qu’ils passent très rapidement dans le sang et qu’ils sont donc très rapidement utilisables par les muscles. Ils sont surtout utilisés pendant l’effort.

  • Les sucres doubles, il s’agit ici du sucre extrait de la canne ou de la betterave. Il passe relativement rapidement dans le sang. Ils peuvent également être utilisés lors d’un effort de longue durée.

  • Les sucres complexes, ils regroupent l’amidon végétal, le glycogène (principal glucide complexe stocké) et les celluloses. Ces derniers passent très lentement dans le sang. C’est pour cela que les sportifs d’endurance mangent énormément de pâtes avant l’effort.

Le glucide est le carburant de nos muscles par excellence; il est utilisé à cent pour cent par ces derniers et également par le cerveau ! Lors de grands efforts, le nonante pour cent des ressources énergétiques sont fournies par le glucose. Malheureusement, son stockage est peu pratique; c’est pourquoi il doit être utilisé rapidement, sinon le corps se débarrasse du surplus. Suivant l’intensité de l’effort et nos habitudes alimentaires, le glucose peut généralement être utilisé de quarante-cinq à nonante minutes, ensuite s’il n’est pas " renouvelé ", le sportif encoure de gros risques (hypoglycémie).

 

Les lipides

Plus couramment appelées les graisses, elles sont l’ennemi numéro un de toutes les personnes souffrant d’un excédent de poids. Pourtant, si on les consomme de manière modérées, elles sont indispensables au bon fonctionnement de notre organisme. Elles apportent principalement des vitamines lipolytiques et des acides gras. Le gros problème de la graisse est son stockage. Une fois que l’organisme l’a mis en réserve, il n’y a plus qu’un seul moyen naturel de l’éliminer : la brûler par l’effort !

Eh oui, l’effort ou la chirurgie esthétique constituent les deux seuls moyens d’éliminer de manière durable les graisses. Toutes les techniques de régimes miracles proposées dans la presse féminine peuvent être efficaces, mais elles diminueront généralement la masse musculaire, mais pas la graisse ! Ce système déséquilibre alors l’organisme et, dès que le régime est terminé, la personne en question a tendance à reprendre encore plus de poids qu’avant.

De plus, il est bon de savoir que, pour détruire la graisse, le corps doit disposer d’une certaine enzyme qui a la fâcheuse tendance de disparaître si les efforts fournis par les muscles sont insuffisants. Les personnes disposant de cette enzyme ont une très grande chance, car même si elles ne fournissent aucun effort, elle continuera son travail ! Pour les autres, il ne vous reste plus qu’à commencer un sport pour solliciter son retour !

La diététique est un sujet passionnant, mais malheureusement très complexe ! Cette science contribue de manière non-négligeable aux performances sportives, toutes disciplines confondues. Une meilleure approche du fonctionnement de nos muscles et de notre organisme en général permet d’adapter la nourriture de manière optimale. N’oublions surtout jamais que l’alimentation est à la base de la vie. Si un jour elle venait à disparaître, je ne donne pas long à vivre à l’espèce humaine et à toutes les espèces vivantes de la planète !

 

5.3.1. Les boissons énergétiques

A la suite d'une longue adaptation et à un entraînement intensif, le corps humain est capable de supporter de très lourdes charges. Ainsi, les cyclistes professionnels ont la faculté d’augmenter leur production d’énergie journalière de manière considérable. Cela est possible grâce à une alimentation équilibrée et très calorifique.

Une étude menée sur le Tour de France a démontré qu’un cycliste peut dépenser plus de 32 MJ (soit environ 7’600 kcal) lors d’une épreuve de montagne très dure et, en moyenne, un coureur dépense environ 24 MJ (soit environ 5’700 kcal) par jour. La même étude a aussi démontré que seul les coureurs capables d’absorber autant d’énergie qu’ils en dépensent peuvent arriver à Paris sans encombre.

Cette énergie est consommée dans des repas riches en énergie que les coureurs prennent avant et après la course, mais également sous forme d’hydrates de carbone durant la course. Il a été démontré qu’une bonne alimentation durant l’effort contribue au succès. De plus, vu la difficulté des épreuves cyclistes, il serait extrêmement dangereux de ne rien consommer pendant la course. Les coureurs n’étant pas capables d’équilibrer consommation et dépense d’énergie ont souvent dû quitter le Tour prématurément, un pareil déséquilibre provoquant généralement une extrême fatigue. De plus, n’oublions pas que le temps de récupération sur les courses par étape est très court.

L’importance des boissons énergétiques est primordiale; elles permettent de remplacer les sucres brûlés par notre organisme et également les sels minéraux qui partent avec la transpiration. De plus, elles sont conçues pour que le corps passe rapidement leurs différents composants dans le sang, afin que l’organisme puisse profiter au plus vite de leurs bienfaits.

De plus, durant l’effort, le corps a tendance à se déshydrater (transpiration), il est donc primordial de lui apporter du liquide !

 

5.3.2. Présentation du produit Isostar

Isostar est un des produits énergétiques le plus connu. Je pense que tout le monde connaît cette boisson; par contre, certaines personnes ne connaissent peut-être pas les barres énergétiques. Cette gamme de produits relativement vaste et complète, est produite par l’entreprise Suisse Wander.

Ces aliments sont spécialement développés pour des activités sportives exigeantes ou requérant une grande endurance. Ils fournissent à notre corps une combinaison d’hydrates de carbone, de vitamines et de minéraux facilement assimilables par l’organisme et surtout par le métabolisme musculaire. Son but est d’améliorer la performance tout en ménageant les réserves créées par notre organisme. Pour un effet optimal, il est recommandé d’en absorber peu avant l’effort (trois à cinq minutes) et tout au long de l’exercice, soit environ une à deux gorgées toutes les quinze à vingt minutes.

Ces produits sont le fruit de recherches scientifiques rigoureuses. Ils sont également utilisés avec succès par des sportifs professionnels !

Voici l’analyse de trois boissons énergétiques produites par Wander (source: Karteikarten ISOSTAR) :

 

 

5.4. Le dopage

Le dopage est en quelque sorte le " bébé " du mariage sports et science. En effet, si ce mariage n’aurait jamais eu lieu, le dopage n’aurait sûrement jamais pu naître, car il est le fruit de manipulations génétiques que seul des scientifiques chevronnés peuvent faire. Les chimistes inventent le produit soi-disant miracle que le sportif utilise.

Ce fléau, que l’on peut appeler " le cancer des fédérations sportives ", s’attaque à toutes les disciplines sans distinction. Cependant, certaines sont plus atteintes que d’autres ; le cyclisme, par exemple, où l’on juge que le 99 % des coureurs professionnels, pour ne pas dire le 100 %, sont dopés, et ce, malgré les contrôles rigoureux auxquels ils sont soumis avant chaque course.

Il s’attaque partout, on peut pratiquement dire que la terre entière est infectée par cette " pourriture ". Car ces produits, qui découlent de la collaboration sports et science, ne s’utilisent plus seulement pour quelques sportifs d’élite, mais également chez les amateurs et même parfois chez les juniors ! Ce problème qui a trop longtemps été un sujet tabou doit être mis au jour, et au plus vite, car les sportifs se dopant sont très nombreux, trop nombreux.

Actuellement, on peut trouver toutes les sortes d’hormones désirées sans trop de difficulté. Un véritable trafic de produits dopants est en train de se mettre en place, et s’il n’y a aucune réaction immédiate, d’ici quelques années, il pourrait devenir semblable au trafic de la drogue. Le marché n’est certes pas aussi grand que celui de la poudre blanche et de l’herbe, mais il est bien présent. Les personnes intéressées par ce genre de produits sont nombreuses ; le plus dramatique, c’est qu’il ne s’agit plus uniquement des sportifs de tous niveaux, mais également de certains jeunes se trouvant trop frêles, qui décident d’aller acheter des hormones de croissance pour un jour pouvoir ressembler à Stallone ou à Schwarzenegger sans trop d’efforts.

A mon avis, il ne faut surtout pas négliger ce phénomène. Et les personnes qui jusqu’alors étaient non sportives, devraient également se sentir concernées par ce démon. Le dopage qui concernait qu’une infime partie des sportifs il y a vingt ans, est en train de se transformer en un véritable problème de société.

Il faut sanctionner sévèrement les sujets dopés et ceux qui vendent ces produits. Le peu d’hommes qui se font attraper doivent servir d’exemple au reste de la société, pour la décourager à jamais de l’utilisation de ces hormones ou autre " cochonnerie ". Ce mode de faire qui peut paraître très sévère, est à mon avis le seul moyen de limiter la triche. Le grand problème dans ce domaine est sans doute la détection du produit dans le sang ou dans les urines. Cependant, de nouvelles méthodes sont sans cesse découvertes.

 

5.4.1. Qu’est-ce que le dopage ?

 

DOPAGE n.m. 1. Emplois de substances destinées à accroître artificiellement et provisoirement les capacités physiques de quelqu’un, d’un animal; doping. "

Le Petit Larousse Compact,
édition 1995

 

" – Il n’existe pas de définition universelle et simple du dopage.
  – Selon les statuts de l’ASS (Association Suisse du Sport), il s’agit de l’usage de substances appartenant à des catégories interdites de principes actifs et du recours à des méthodes proscrites, conformément aux listes ad hoc du Comité international olympique (CIO), des fédérations internationales et de l’ASS. "

Dépliant : " Contrôle antidopage "
Publié par la Commission de lutte contre le dopage de l’ASS.

 

" Le Comité international olympique (CIO) et l’Association suisse du sport (ASS) entendent par dopage tout usage volontaire ou involontaire de substances appartenant aux classes interdites, ainsi que tout recours aux méthodes défendues selon les listes en vigueur. "

Brochure " Doping info ",
éditée en 1995 par l’Ecole fédérale des sports de Macolin.

 

Comme vous pouvez le constater, il existe plusieurs définitions pour qualifier le dopage. Mais toutes mettent le doigt sur l’utilisation de produits interdits destinés à améliorer les performances. Le dopage n’est pas un sujet facile à cerner, il est constamment en mouvement, car de nouveaux produits apparaissent sans cesse. De plus, dès que l’on trouve une manière de détection pour un produit X, un produit Y commence à contaminer les pelotons. Le dopage est vraiment un problème très grave et malheureusement très difficile à résoudre.

 

5.4.2. Pourquoi le dopage est-il interdit ?

Tous les règlements sportifs interdisent le dopage et cela à tous les niveaux de la compétition. Le dopage va à l’encontre du principe même du sport : l’égalité des chances. De plus, il met en danger la santé des sportifs; la lutte contre le dopage est aussi une manière de préserver la bonne santé des sportifs.

 

5.4.3. Les différents produits dopants

Les listes de produits dopants sont très nombreuses. Le comité olympique publie la sienne; les fédérations internationales donnent leur version et les fédérations nationales viennent contredire le tout ! Ces différences viennent principalement du fait qu’un produit considéré comme dopant dans un sport ne l’est pas forcément dans un autre. Par exemple, un médicament destiné à calmer et à détendre sera très utilisé dans les sports comme le tir et, au contraire, considéré comme parfaitement inutile par d’autres fédérations. A mon avis, ce manque d’uniformité contribue à la lenteur du système de la lutte contre le dopage.

Beaucoup de personnes ne sont pas au courant, mais le dopage n’est pas considéré comme une tricherie par tout le monde. Certains docteurs, certains coureurs et plus généralement certaines personnes pense que des produit, aujourd’hui considérés comme dopant, devraient être bannis de la liste des produits interdits. Leur justificatif : ils contribuent à supporter les efforts; d’après eux, le risque pour la santé est présent si le sportif ne prend pas le médicament ! Cela peut être considéré comme une version valable, mais personnellement, je suis fort peu convaincu !

Les catégories de produits considérés comme dopants sont très nombreuses; il ne sera donc pas nécessaire de préciser que le nombre de produits en soi est impressionnant. L’UCI, comme toutes les fédérations internationales, publie sa liste " des classes de substances dopantes et méthodes de dopage ". Pour votre information personnelle, sachez que cette liste est longue de quatre pages et est écrite en très petits caractères (environ cette taille : " Entrées en vigueur : 1er octobre 1997 ").

Je vais vous citer les principales catégories de produits interdits, vous expliquer quelles sont les raisons qui motivent leur utilisation, ainsi que leurs effets indésirables étant parfois nombreux et non-négligeables. Ceci n’est qu’un petit aperçu !

 

Les stimulants

Ce sont pour la plupart des substances excitantes et euphorisantes. Elles améliorent la performance en retardant l’apparition de la fatigue.

Leurs principaux effets secondaires sont l’augmentation de la tension artérielle, de la température corporelle et de la fréquence cardiaque. De plus, les stimulanrts peuvent rendre agressif, mener à des troubles psychiques et à la dépendance. S’ils sont pris à trop forte dose, les signaux de fatigue émis par le corps ne seront plus captés, ce conduisant à un épuisement grave, voire à la mort.

Les substances à éviter sont le café (à trop forte dose !) et certains médicaments contre le refroidissement contenant de l’éphédrine ou une substance analogue.

 

Les analgésiques narcotiques

Ces produits diminuent la douleur et peuvent provoquer le sommeil. On interdit seulement les analgésiques puissants, par exemple, les dérivés de l’opium.

Les dangers principaux qu’encoure la personne consommant des analgésiques narcotiques sont la diminution de la capacité de concentration et de coordination; à forte dose, ils peuvent mener à des troubles de la conscience et à la mort.

 

Les agents anabolisants

Ce genre de produits est probablement le plus connu par le grand public. On y trouve, par exemple, les dérivés de la testostérone, l’hormone mâle. Cette catégorie de substances contribue surtout à l’accroissement de la masse et de la force musculaires. La testostérone développe logiquement les caractères masculins.

Les effets indésirables de ce genre de produits sont très nombreux. Ils peuvent provoquer un dysfonctionnement du foie, du système cardio-vasculaire, du taux de cholestérol et de la régulation hormonale. Le psychisme d’une personne peut également être touché. Dans le rang des effets secondaires, on compte également : des poussées d’acné, de la rétention d’eau, un dérèglement de la production des spermatozoïdes, un risque accru de blessures aux ligaments et aux tendons. Chez la femme, on constate une virilisation qui se traduit par une transformation de la voix, une diminution de la poitrine et un dérèglement du cycle menstruel. Chez les jeunes sujets, cette catégorie de substances peut carrément stopper la croissance !

 

Les diurétiques

Les diurétiques augmentent le débit urinaire et permettent ainsi de diminuer le poids par la déshydratation du corps. Ce procédé est plus particulièrement utilisé dans les sports où le poids est important, par exemple la boxe. De plus, ils ont la faculté de diluer l’urine et de rendre d’autres substances indétectables.

Les principaux effets secondaires sont de graves lésions rénales et un risque de crampes musculaires accru.

 

Les hormones peptidiques et glycoprotéiniques

Il s’agit de protéines ayant des effets hormonaux. Ce sont des messages que l’organisme envoie à nos différentes glandes pour qu’elles déclenchent la production de la substance lui étant propre.

Les possibilités sont nombreuses. Il suffit d’injecter des messages synthétiques dans le corps pour que l’organisme se mette à produire la substance demandée. On peut ainsi stimuler la croissance (hormone de croissance) ou la production de globules rouges (EPO), par exemple.

Les effets secondaires sont le diabète et un développement exagéré des os de la face et des extrémités des membres pour l’hormone de croissance. Pour l’EPO, on compte des cas d’embolies pulmonaires et cérébrales, d’hypertension artérielle, de thromboses et voire, dans certain cas, la mort.

 

Transfusions sanguines et manipulation d’urine

Il s’agit ici de la manipulation du sang et des urines. Par exemple, on prélève une certaine quantité de sang à une personne; on le conserve un certain temps pour que le corps le régénère, et on y réinjecte; ainsi, la quantité de sang dans l’organisme est plus grande. On entend par manipulation d’urine tous procédés visant à cacher l’absorption d’un produit dopant. Les manipulations peuvent être d’ordre chimique et, ou pharmacologique effectué directement sur la sécrétion d’urine ou être simplement un échange d’échantillon.

 

Substances soumises à des restrictions

Les principales sont l’alcool, le cannabis et le béta-2 (médicament contre l’asthme). Leurs effets sont connus de tous, du moins je l’espère.

 

5.4.4. L’érythropoïétine (EPO)

L’EPO est un produit dopant qui a fait " fureur " dans les pelotons dans les années 1990. Les effets de ce produit sont l’accroissement du nombre de globules rouges et de l’hémoglobine dans le sang. Ainsi, l’oxygène est transporté en plus grande quantité dans les muscles et la capacité aérobique du coureur est améliorée.

Comme je l’ai déjà signalé au point précédent, les risques de thrombose et d’embolie pulmonaire et cérébrale, sont très nombreux. Afin que vous puissiez vous faire une idée du fléau que représente ce produit, je vais vous citer un article paru dans " Le Matin " du 20 janvier 1998.

 

Début de citation :

Eddy Planckaert se confesse : " L’EPO, c’était super ! "

L’ancien champion belge a reconnu avoir pris de l’érytropoïétine et... en vante les mérites. Avant d’admettre que le produit met en danger la vie des utilisateurs.

L’ancien champion belge Eddy Planckaert a jeté un véritable pavé dans la marre en reconnaissant avoir utilisé de l’EPO pour améliorer ses performances, ajoutant que cette substance prohibée était largement consommée par ses rivaux. " L’EPO est un produit fantastique. Si vous en prenez et que vos adversaires n’en prennent pas, vos performances sont de 10 à 15 % supérieures ", a-t-il expliqué à la télévision belge VRT. " A un haut niveau, cela est réellement significatif ", a-t-il poursuivi reconnaissant toutefois que ce produit mettait en danger la vie des athlètes.

Même les petits coureurs

Apparue au milieu des années 80, l’érythropoïétine favorise la production de globules rouges chargés du transport de l’oxygène vers les muscles. Sa consommation facilite la résistance à l’effort et remplace les longs stages en altitude. Considérés comme l’une des substances dopantes dangereuses, elle favorise la coagulation du sang et menace le fonctionnement cardiaque.

" C’était super, formidable. Je me sentais fort, bien que je ne fus pas toujours vainqueur. Je me sentais fort, tellement fort. " a raconté Planckaert, vainqueur de Paris – Roubaix en 1990 et du Tour des Flandres en 1988. " Le problème maintenant est que même le plus petit coureur en utilise ", a-t-il ajouté.

Tentant de lutter contre ce fléau, l’Union cycliste internationale (UCI) a imposé des contrôles sanguins plus fiables que les contrôles urinaires. L’UCI a également établi un nombre moyen de globules rouges décelables dans le sang des coureurs. Une augmentation anormale de ce nombre peut être le signe d’une absorption d’EPO.

Plusieurs coureurs, dont Claudio Chiappucci, Thierry Laurent et Vladimir Poulnikov, avaient dépassé cette moyenne (50 %) l’an dernier. Dans ce cas, le coureur est déclaré inapte au travail et sa licence lui est retirée pour une durée de quinze jours au minimum, jusqu’à un nouveau contrôle qui sera effectué au laboratoire de Lausanne.

Fin de citation.

 

5.4.5. La lutte contre le dopage

Les contrôles

Le cyclisme a été le premier sport à accepter les contrôles. Il est le sport le plus contrôlé et il est aussi le premier sport à faire un premier pas en avant pour la lutte contre le dopage. On est les premiers à avoir demandé les contrôles sanguins. "

Marc Madiot
Directeur sportif de l’équipe
La Française des Jeux
et ancien coureur professionnel

 

Les paroles de Marc Madiot sont parfaitement justes. Le cyclisme est devenu l’un des sports les plus contrôlés, mais précisons également qu’il est le sport le plus montré du doigt quand il s’agit de dopage. Afin de prévenir la prise d’EPO, un dépistage est effectué chaque jour sur tous les coureurs participant à la course. Dans l’article cité à la page précédente, on fait allusion à ces contrôles.

Avant chaque course, tous les coureurs doivent aller faire une prise de sang. Les récipients contenant le précieux liquide rouge seront cachetés et numérotés (anonymat oblige !) et envoyés dans un laboratoire. Ensuite, on définira le taux de globules rouges qu’il contient, en pour cent. Si la proportion dépasse cinquante pour cent, le coureur est déclaré inapte au travail et sa licence lui sera retirée pour deux semaines. Ce délai passé, il devra se présenter au laboratoire de Lausanne (le siège de l’UCI se trouve précisément dans cette ville !) et il sera recontrôlé. Si le taux est passé en dessous de la moyenne, il pourra reprendre son activité et, par contre, s’il est toujours trop élevé, des sanctions pourraient être prises.

L’UCI procède également à des contrôles d’urine pour déterminer la présence d’autres substances que l’EPO.

 

Les objectifs de l’UCI

" Bannir complètement le dopage est une illusion, tout comme on ne peut prévenir totalement la pollution de l’air, du sol et de l’eau. "

Fascicule : " La lutte antidopage : une nouvelle approche "
Edité par L’UCI

 

On ne peut pas dire que l’UCI manque de franchise ! Je pense également que l’on n'arrivera jamais à enrayer le dopage du sport. Mais je trouve qu’elle aurait pu être un peu plus optimiste en commençant le chapitre trois, l’objectif de l’UCI, de son fascicule !

En matière de lutte contre le dopage, l’UCI a deux objectifs principaux :

  • Continuer la lutte et les contrôles permettant de diminuer les cas positifs (positifs = dopés). Il s’agit de mettre des contrôles très stricts sur pieds et de limiter la fraude au maximum.

  • Améliorer l’image interne et externe du sport cycliste. L’image du sport cycliste a été mise à rude épreuve. D’après les témoignages, les cas de dopage y sont très nombreux. L’UCI veut redonner une image plus propre de son sport en sensibilisant les coureurs, les médias, les commissaires et, en fait tout le monde.

La lutte contre le dopage est très complexe, certains produits fréquemment utilisés demeurent encore indécelables. Les fédérations sportives se trouvent face à un problème de taille, mais n’oublions pas que le tabou concernant ce fléau a été levé il n’y a pas si longtemps.

Je ne suis peut-être pas en mesure de faire un jugement sur ce sujet, mais je pense que nous sommes au début de la lutte, alors qu’elle était censée commencer il y a trente ans, en 1967. Les dernières actions de l’UCI sont très positives, mais je trouve qu’elle aurait pu réagir avant. Actuellement, la " maladie " a pris racine un peu partout, à tous les niveaux et il sera très difficile, voire impossible, de la soigner. Est-ce qu’on n’était pas en mesure de le faire avant ? Je vous l’ai dit, je ne suis pas à même de juger !

 

Les sanctions

" Certaines fédérations veulent nous faire croire qu’elles accordent plus d’attention et de sérieux à la lutte antidopage, en optant pour des sanctions plus lourdes.

En réalité, cette théorie ne nous satisfait pas. Si le fair-play en sport est important dans l’optique de l’UCI, il faut qu’il en soit également ainsi dans l’établissement des sanctions.

Ne pas punir les fautifs ne serait pas honnête vis-à-vis des coureurs " sains ". Mais punir de manière trop sévère est également malhonnête. La sanction doit correspondre à la faute; elle doit tenir compte des circonstances. "

Fascicule : " La lutte antidopage : une nouvelle approche "
Edité par L’UCI

 

Je vous dirai très franchement que je ne suis pas du tout d’accord avec cette politique ! L’UCI reconnaît à peine le dopage comme étant malhonnête et punissable, du moins c’est comme cela que je ressens ce passage. Ensuite, elle met en avant le fair-play. Non ! Je ne suis pas d’accord ! Le fair-play n’a rien à faire dans un règlement, surtout lorsqu’il s’agit de la vie des coureurs. A ce moment-là, on peut éliminer toutes les sanctions, pour être sûr que l’on soit au moins assez fair-play !

Je pense, au contraire, que les sanctions devraient être très lourdes, afin de décourager définitivement les utilisateurs de produits dopants. A mon avis, la politique à adopter doit être très sévère, peut être même trop ! Le seul moyen de lutter efficacement contre le dopage est la dissuasion, car le dépistage est toujours très difficile. Bien sûre, il faudra tenir compte du délit et des circonstances; mais pour punir les délits très graves, il faudrait carrément exclure le coureur de la fédération. Cela peut paraître très rude aux yeux de certaines personnes, mais je pense qu’après une ou deux exclusions, les coureurs réfléchiraient à deux fois, même à trois fois, avant de se doper !

Malheureusement, je suis parfaitement conscient qu’une politique aussi radicale ne pourra jamais être adoptée, et que cela pourrait être dramatique en cas d’erreur. Mais l’idée de fair-play dans les sanctions me fait réellement sourire !

Voici une partie du tableau des sanctions de l’UCI :

 

La recherche

Le monde du dopage est en perpétuel mouvement. Dès qu’une fédération sportive a découvert un moyen de détection pour un produit, les sportifs en utilisent un autre encore indétectable. Ainsi, les athlètes sont toujours dopés sans que l’on puisse le prouver.

En ce qui concerne la recherche de technique de détection, l’UCI mandate des laboratoires qui lui soumettront des propositions. Ainsi, en 1996, elle a subventionné une recherche sur l’EPO menée par le laboratoire antidopage de Lausanne et de Québec. Malheureusement, cette recherche n’a abouti à aucun résultat concluant. L’UCI a également apporté sa contribution pour l’achat d’un appareil performant, destiné à détecter les manipulations à base de testostérone.

D’autres propositions de laboratoire sont aussi en étude, le désir de l’UCI étant surtout de dépister le cas de dopage plutôt que de les punir.

 

5.5. Conclusion du chapitre cyclisme et science

La science a énormément apporté au sport. La diététique, l’étude des muscles et du coeur ont contribué à un meilleur apprentissage de notre organisme. Grâce aux connaissances actuelles, il est possible de s’entraîner de manière optimale sans nuire à notre santé.

Malheureusement, un problème de taille est venu s’infiltrer dans ce chapitre où tout paraissait si sain et propre : le dopage. La technologie a pour ainsi dire apporté que des avantages au sport cycliste. S’il y a des désavantages, ils sont minimes par rapport au fléau que représente le dopage. Est-ce que ce problème ayant vu le jour suite au mariage sport et science, et non pas seulement suite à l’union cyclisme et science, est assez lourd pour faire pencher la balance du mauvais côté ?

Je vous laisse juger par vous-mêmes. Mais n’oubliez pas que le cyclisme est un sport parmi tant d’autres et que tous sont touchés par ces découvertes. Plutôt à gauche, plutôt à droite ? Il ne vous reste plus qu’à faire le compte. Mais je vous avertis, l’équation est loin d’être facile à résoudre !

Je vous souhaite donc une bonne réflexion ...

 

Vers la suite > > >

 

 

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