Une solution de gestion à l'image des pme

Vous naviguez sur
MFS  >  Publications  >  Cyclisme, technologie et science (mars 1998)

 

 

3. Introduction au cyclisme

 

Une introduction à ce sport encore mal connu est à mon avis nécessaire. En effet, certaines personnes ont des idées totalement fausses sur cette discipline. Pour commencer, un petit est historique indispensable pour nous mettre dans le bain et pour comprendre l’évolution des vélocipèdes. Ensuite, je vous ferai une description détaillée des différentes disciplines que comprend le cyclisme, cela afin de mieux vous faire comprendre les différents choix faits au niveau de la technologie. On utilisera pas le même vélo suivant le terrain : montagne, piste ou route, et suivant la discipline se rapportant au terrain : cross-country et descente pour la montagne, contre la montre et course en ligne pour la route, record de l’heure et poursuite pour la piste. Pour terminer, je vous parlerai de l’organisation du milieu, afin de vous faire comprendre d’où viennent les décisions. Voilà, j’espère que cette introduction vous donnera l’envie de continuer. A mon avis elle devrait servir à donner le ton avant que vous plongiez la tête baissée dans la suite du travail.

A vos marques, prêt ... PARTEZ ...

 

3.1. Historique : du grand bi au carbone

 Le cyclisme est né en 1868 dans le parc de Saint-Cloud en France. Cette première course a eu lieu quelques années après l’invention de la pédale par le carrossier Pierre Michaux. Organisée par les frères Ollivier, directeurs des usines de cycles Michaux, elle donna au Britannique James Moore le premier titre cycliste de l’histoire.

Le cyclisme était à l’époque le meilleur moyen pour se déplacer de son plein gré; sa popularité surpassait alors l’automobile. Il a longtemps contribué au développement des usines de cycles, la bicyclette était une branche florissante, et du journalisme sportif. Il ne serait pas exagéré de dire que le cyclisme est à la base de l’invention du journalisme sportif. En effet, Richard Lesclide, un ancien secrétaire de Victor Hugo, créa le premier journal sportif en 1869 : Le Vélocipède illustré.

En 1888, l’invention du pneumatique par Dunlop devait révolutionner le milieu, en lui apportant un meilleur confort. Mais ce n’est qu’en 1891 que le pneumatique fit une apparition remarquée lors des courses, grâce aux célébrissimes frères Michelin. C’est également durant cette période que l’on inventa la transmission par chaîne, celle-ci donna au vélo une forme plus esthétique et plus semblable à celle connue actuellement.

En 1903, la rivalité entre les différents journaux poussa Henri Desgrange, directeur de l’Auto à créer la plus fabuleuse course de l’histoire, le Tour de France. La popularité de cet événement entraîna l’instauration de nombreuses nouveautés, comme la roue libre en 1907 et le dérailleur en 1937. Ce dernier fut probablement la dernière grande invention avant 1984. Pendant la cinquantaine d’années qui sépare ces deux dates, il y eut bien entendu des innovations au niveau technique, sur le plan de l’aérodynamie et de la légèreté notamment. Mais c’est en 1984 précisément que les recherches sur l’aérodynamisme et sur la légèreté ont commencé à devenir plus poussées.

L’avènement qui, le 19 janvier 1984 a fait basculer le monde du cyclisme, est la tentative de record de l’heure de l’Italien Francesco Moser. C’est cette homme qui, en même pas une année, va redonner un nouvel essor à la technologie cycliste qui en avait bien besoin. Pour battre le record de l’heure détenu depuis plus de douze ans par le grand Eddie Merckx, il utilisera pour la première fois :

  • Des roues lenticulaires, ce sont des roues parfaitement pleines qui évitent les turbulences créées dans l’air par les rayons ordinaires.

  • Une position inclinée vers l’avant pour diminuer la résistance à l’air de son corps.

Et surtout, la plus spectaculaire invention qui est venue rompre une tradition longuement établie :

  • Le cadre monocoque, fabriqué d’une seule pièce en matériaux composites. Ce cadre est le compromis entre rigidité, aérodynamie et légèreté. Un exploit pour l’époque.

Grâce à ce type de vélo, Fracesco Moser a renouvelé son exploit l’année suivante et est resté invaincu plus de neuf ans à une époque ou la technologie a progressé très rapidement.

Actuellement, la construction du cadre monocoque ainsi que les matériaux composites sont maîtrisés et utilisés par toutes les grandes marques de cycles. Le secret de ces cadres réside dans le fait que les frictions internes créées par l’assemblage de plusieurs tubes sont inexistantes ce qui améliore la rigidité et la consommation d’énergie. Je m’explique, l’absence de raponses entre plusieurs tubes évite le mouvement de ceux-ci lors de la propulsion effectuée par le coureur; cette friction interne consomme de l’énergie et diminue la rentabilité des pressions effectuées par le cycliste sur les pédales.

Vers les années 1990, les recherches étaient surtout axées sur l’amélioration de l’aérodynamique du vélo; au niveau de la légèreté, on considère actuellement que le carbone est le meilleur matériau. Rappelons tous de même que le problème est relativement complexe, la machine doit être à la fois confortable, aérodynamique, légère, rigide et solide.

Actuellement, nous arrivons au sommet de ce que l’on peut faire en aérodynamisme et les recherches s’orientent surtout sur la rentabilité du coureur par rapport à sa position sur le vélo. Les différents nouveaux produits et recherches en cours, seront plus précisément traités au cours de la suite du travail, alors pour savoir ce qui s’est passé ces dix dernières années, rendez-vous au point quatre : Cyclisme et technologie.

 

3.2. Les différentes épreuves

Le cyclisme comprend différentes épreuves bien distinctes. C’est l’union cycliste internationale (UCI) qui accepte ou qui refuse les nouveaux sports se pratiquant avec un vélo. Elle publie également les différents règlements devant être mondialement appliqués. Les différentes disciplines du cyclisme impliquent des moyens techniques très différents suivant la nature du terrain sur lequel on pratique, mais également suivant la discipline qui se rapporte au terrain. C’est ce que je vais expliquer dans les prochains points.

 

3.2.1. La route

La route a été l’épreuve la plus appréciée jusqu’au début des années 1990. Actuellement, elle est en train de décliner pour céder une place plus grande au VTT très apprécié par les jeunes. La route est probablement la plus connue, mais également la plus médiatisée des épreuves. Ces courses se déroulent sur un tracé asphalté généralement en bon état pour éviter d’endommager les vélos qui sont très légers, donc fins et fragiles. On distingue trois disciplines principales: les courses en ligne, les contres la montre et les courses par étapes.

" Une définition dit que le cyclisme est un sport individuel qui se pratique en équipe. Tout seul c’est impossible, si on n'a pas de coéquipier, on ne peut rien faire. Si vous mettez Richard (Virenque) tout seul dans le Tour de France, il ne pourra jamais le gagner. Mais si vous le mettez avec huit bons coéquipiers, c’est possible. "

Pascal Hervé
Équipier de l’équipe Festina

 

Cette citation de Pascal Hervé démontre très bien que le cyclisme est avant tout un sport d’équipe, bien qu’il n’en ait pas l’air. Bien que ses paroles peuvent paraître exagérées aux yeux de certaines personnes non initiées, elles reflètent la dure réalité du monde cycliste et, plus particulièrement, les difficultés que comportent le rôle d’équipier. Pour bien pouvoir cerner cette citation, il faut tout d’abord comprendre les tactiques en vigueur dans un peloton.

Toute la tactique est basée sur le problème de la résistance à l’air des coureurs. Un coureur seul en tête se fatigue très vite; le frottement dans l’air de son corps et bien entendu de son vélo le freine et le contraint donc à fournir un grand effort pour conserver une vitesse égale à celle du peloton.

Admettons maintenant que le nombre des coureurs en avant soit de trois et que le voeu de chacun est d’avancer pour distancer le peloton. A tour de rôle, ils vont se relayer à la première place du groupe, ainsi, les deux hommes se trouvant derrière peuvent récupérer en profitant de la percée de l’air qu’effectue le premier. Ceci est la base de toute la tactique d’une course cycliste.

Ensuite, il faut tenir compte des rôles distribués par le directeur sportif à chaque coureur de son équipe. On distingue ainsi :

  • Le leader : c’est l’homme qui a les capacités de gagner l’épreuve. Le but est de l’emmener au devant de la course sans jamais le laisser seul face au vent, il ne doit surtout pas se fatiguer, ainsi il pourra aller chercher la victoire au moment opportun.

  • Le porteur d’eau : il est désigné parmi les équipiers pour apporter les bidons à ses coéquipiers se trouvant au-devant de la course. Il fait la navette entre la voiture suiveuse qui, dans certain cas, ne peut s’approcher des coureurs et des hommes qui " font la course " au-devant.

  • Les équipiers : sur le Tour de France, ils sont généralement sept ou huit dans chaque équipe de neuf. C’est d’eux que dépend l’issue de la course. Leur travail est d’ouvrir la route à leur leader jusqu’à l’épuisement total si nécessaire. Ces hommes qui ne doivent normalement rien gagner restent en effet, pour la plupart, dans un anonymat total.

Ainsi j’espère que vous comprendrez mieux les gens qui disent que le cyclisme est un sport très dur au niveau physique, mais également au niveau mental. Dans le vélo, plus on attaque, plus on travaille, et plus on se montre au-devant, moins on a de chance de gagner.

Ce sport est donc très exigeant et vous comprendrez que ce n’est pas sans raison que l’on parle de sacrifice des équipiers pour son leader. Mais Marc Madiot, ancien coureur professionnel et directeur sportif de l’équipe de la Française des jeux, n’a pas dit les paroles suivantes sans raison :

" On ne peut pas parler de sacrifice quant on sait qu’on ne peut pas gagner un Tour de France, donc on essaye d’utiliser au mieux ses propres capacités pour intégrer au mieux une équipe. "

A mon avis Marc Madiot a tout à fait raison et je pense que la réussite dans ce sport dépend, plus que dans tout autre sport d’équipe, de l’amitié qui règne entre les coureurs de l’équipe. On dit que l’équipe Festina (une des meilleures équipes au monde) est avant tout un groupe de copains, et, c’est ainsi, à mon avis, que l’on peut obtenir de bons résultats. Le sacrifice paraîtra moins important s’il est consenti pour un ami.

Pour en revenir à l’aspect plus tactique de la chose, imaginez maintenant que l’on ajoute au topo les divers leaders des classements annexes dans courses par étapes, et les offensives lancées pour détrôner les hommes qui détiennent les premières places, et alors vous approuverez tous ces paroles :

" C’est hyper tactique. On présente le cyclisme comme un sport où il faut appuyer sur les pédales et c’est le plus fort qui gagne, non, non, ce n'est pas ça du tout. "

Bruno Roussel
Directeur sportif de l’équipe Festina

 

3.2.1.1 Les courses en ligne

Ces courses se déroulent sur une seule journée et couvrent une distance d’environ deux cent cinquante kilomètres à une vitesse moyenne de quarante kilomètres par heure.

Réputées pour leur difficulté, elles exigent une très grande endurance. L’attribution de la victoire définitive, en fin de journée, pousse certaines équipes à rouler très vite pour fatiguer leurs concurrents avant la fin de l’épreuve, cinq à six heures après le départ.

Les courses en ligne comptent généralement aucun grand col dans leur parcours, mais elles sont parsemées de petites côtes qui deviennent très éprouvantes vu la longueur de l’épreuve.

Au niveau matériel, les coureurs utilisent généralement un vélo banal (pour des pros !) avec un cadre en carbone ou en aluminium, afin d’avoir une bonne rigidité. Au niveau des roues, les choix sont très variables; certains optent pour les spinergy, très aérodynamiques, d’autres pour les jantes cosmics ou profilées et même des jantes pouvant paraître normales (jantes rectangulaires) ont également leur place, bien qu’elles soient moins aérodynamiques. Si je formule cela ainsi, c’est que dans le professionalisme rien n’ est semblable à l’amateurisme, c’est en quelques sorte un monde à part où la technologie de demain est testée.

Dans le tableau ci-dessous je vais citer les principales courses en ligne que comporte une saison cycliste, le nom des vainqueurs, leur nationalité, l’équipe à laquelle ils appartenaient en 1997, la distance parcourue et le temps :

 

 

 

3.2.1.2 Les courses contre la montre

L’épreuve contre la montre est une véritable spécialité. Elle requiert des capacités physiques et mentales importantes ainsi qu’une bonne connaissance et une grande maîtrise de son organisme.

Durant cette épreuve, le coureur est parfaitement seul face au vent et doit parcourir une certaine distance (quatre-vingt kilomètres au maximum) le plus rapidement possible. Comme le souligne l’article 2.4.020 du règlement du sport cycliste édicté par l’UCI, l’aide entre les coureurs est interdite. Dans ce cas, le cyclisme n’est plus un sport d’équipe, mais réellement un sport individuel où le plus fort gravira la première marche du podium.

Le départ se donne de la manière suivante, articles du règlement du sport cycliste :

2.4. 007

Les coureurs partent à intervalles identiques (généralement 1 minute). Toutefois cet intervalle peut être augmenté entre les coureurs partant en dernier lieu.

2.4.011

Le départ est pris à partir d’une rampe de lancement.

2.4.012

Le coureur est tenu et laché, sans être poussé, par un teneur qui doit être le même pour tous les coureurs.

 

Pendant la course, les coureurs n’ont aucun contact. Ils doivent gérer leur effort de manière à fournir le maximum, sans pour autant se fatiguer trop dans la première partie. C’est une épreuve où seuls quelques hommmes sont reconnus comme spécialistes incontestés. Il s’agit entre autre de :

  • L’Espagnol Miguel Indurain, entre autre champion du monde et champion olympique.

  • Le Suisse Alex Zülle, champion du monde et plusieurs fois victorieux.

  • L’Anglais Chris Boardman, recordman de l’heure et plusieurs fois victorieux.

  • Le Français Laurent Jalabert, champion du monde en 1997 à San Sebastian.

  • L’Ukrainien Sergeï Gontchar, plusieurs fois victorieux dans divers contre la montre.

  • L’Allemand Jan Ullrich, premier au Tour de France, est considéré par certain comme le nouvel Indurain.

En plus d’être une épreuve très éprouvante physiquement, le contre la montre se distingue également par l’utilisation de bicyclettes et de matériel allégé de manière maximale et très aérodynamique. Les athlètes de haut niveau ont tous un vélo spécial servant uniquement pour les quelques contre la montre qui jalonnent une saison cycliste. Le matériel se caractérise entre autre par :

  • Un cadre monocoque extra léger en fibre de carbone. Ils sont conçus spécialement pour être très aérodynamiques, ce qui mène parfois à certaines bizarreries.

  • Un guidon de triathlète (avec repose bras), ceci afin d’améliorer la pénétration dans l’air du corp du coureur.

  • Une roue lenticulaire à l’arrière, afin de diminuer les turbulences créées dans l’air par les rayons ordinaires et généralement une roue cosmic à l’avant.

  • Un casque profilé afin d’améliorer l’aérodynamie de la tête du coureur.

  • Suivant la difficulté du parcours, il n’est pas rare d’équiper le vélo avec une seule plaque et même un pignon fixe afin de l’alléger au maximum.

Comme vous pouvez le constater, le contre la montre est l’épreuve sur route pour laquelle la technologie est la plus présente.

Cette épreuve est rarement pratiquée sur une seule journée, sauf aux Jeux olympiques et aux Championnats du monde. Elle est généralement comprise comme étape d’un grand tour ou d’une course se déroulant sur plusieurs jours.

Dans le tableau ci-dessous, je vais citer les principales courses contre la montre que comporte une saison cycliste, le nom des vainqueurs, leur nationalité, l’équipe à laquelle ils appartenaient en 1997, la distance parcourue et le temps :

 

 

 

3.2.1.3. Les courses par étapes

L’explication la plus concrète qui puisse se faire pour résumer ce genre de course tient en deux articles du règlement du sport cycliste, il s’agit des articles :

 

2.6.001

Les épreuves par étape se disputent sur deux jours minimum avec un classement général au temps. Elles se courent en étapes, en lignes et en étapes contre la montre.

2.6.002

Sauf disposition particulière ci-après, les étapes en lignes se courent comme les étapes d’une journée et les étapes contre la montre sont régies par les dispositions régissant les épreuves contre la montre.

 

Les organisateurs des courses par étape commencent généralement leur compétition par des étapes en ligne peu montagneuses, favorables aux sprinters. Ensuite, suivant la longueur de l’épreuve, on trouve un certain nombre d’étapes dites de montagne. C’est durant ces dernières que se jouera le classement général; elles sont donc primordiales et très appréciées par le public qui se déplace en masse au sommet des cols pour encourager les concurrents.

Le vainqueur sera le coureur qui a mis le moins de temps pour parcourir la totalité du parcours (maillot jaune sur le Tour de France et d’Espagne et rose sur le Tour d’Italie). Les courses par étape comptent également des classements annexes comme le grand prix de la montagne qui récompense le meilleur grimpeur (maillot à pois rouges sur le Tour de France), le meilleur sprinter (maillot vert sur le Tour de France, cyclamen en Italie et rouge en Espagne), la meilleure équipe est également récompensée. Pour la nomination de la meilleure équipe, on additionne généralement les temps des trois premiers coureurs à chaque étape.

Au niveau technologie on peut se référer aux points traitant des courses en ligne et des courses contre la montre, on retrouve exactement le même type de matériel. Les épreuves se déroulant sur plusieurs jours sont surtout intéressantes pour les différentes tactiques adoptées par les équipes. En effet, certaines sont intéressées aux victoires d’étapes, alors que d’autres visent les classements finaux. C’est ce qui donne un grand intérêt à ce genre de course. Pour être maillot jaune du Tour de France, il ne faut pas obligatoirement gagner une étape; il suffit d’être régulier ! Ce travail traitant avant tout de l’aspect technique du cyclisme et non de son aspect tactique, je ne me perdrai donc pas dans les complications tactiques que comporte ce sport.

On distingue deux grands genres de courses par étape :

  • les courses de trois semaines qui sont les trois grands tours, France, Italie et Espagne

  • les courses de cinq à dix jours comme le tour de Romandie, de Suisse, de Catalogne, etc...

Dans le tableau ci-dessous, je vais citer les principales courses par étape que comporte une saison cycliste, le nom des vainqueurs, leur nationalité, l’équipe à laquelle ils appartenaient en 1997, la distance parcourue et le temps :

 

 

 

3.2.2. La piste

Les épreuves sur piste se déroulent sur un vélodrome qui doit être homologué par l’UCI. Un vélodrome peut être construit en plein air ou dans une salle couverte. Les pistes sont circulaires et composées de deux virages inclinés reliant deux tronçons droits. Les virages sont inclinés de manière optimale, de telle sorte qu’ils permettent la disparition de la force centrifuge qui contraindrait les coureurs à freiner pour le passage de chaque courbe. Les détails concernant la forme et la construction de la piste sont spécifiés aux articles 3.6.066 et suivants du règlement du sport cycliste. Voici quelques articles parmi les plus intéressants et les plus illustratifs :

 

3.6.066

Dans la structure de base, le bord intérieur d’une piste présente deux virages reliés par deux droites. L’entrée et la sortie des virages doivent être conçues de telle sorte que le passage ne s’effectue pas trop brusquement. La forme du bord extérieur résulte de la projection d’une certaine distance à partir du bord intérieur.

3.6.069

L’inclinaison de la piste par rapport à l’horizontale est déterminée en tenant compte des vitesses de pointe dans les différentes spécialités et du rayon des virages.

3.6.70

Le point d’inclinaison maximum des virages est calculé suivant la formule ci-après :
tg. alpha = V2 / R x 9,81
Dans laquelle :
tg. alpha = inclinaison à la tangente
V2 carré de la vitesse (mètre par seconde)
R = rayon (mètre)
9,81 = fixe de gravitation.

3.6.071

La surface d’une piste doit être entièrement plane. Elle doit permettre un angle de 25o à 30o entre le pneu et la surface.

3.6.074

La longueur d’une piste doit être déterminée de telle sorte que pour un minimum de tours parcourus, on obtient, à un mètre près, un kilométrage net.

3.6.075

Pour les Championnats du monde et les Jeux olympiques la longueur doit être de 250 mètres au minimum et 400 mètres au maximum.

3.6.076

La longueur d’une piste est mesurée à 20 cm du bord intérieur de la surface cyclable.

3.6.077

La largeur de la piste doit être déterminée par rapport à la longueur et par rapport aux différentes spécialités.
Elle sera de 7 m minimum.

 

La lecture de tous ces articles de règlement n’est pas très palpitante pour une personne qui ne s’intéresse pas forcément à ce genre de détails, je l’admets ! Mais si je les ai ainsi cités, c’est pour qu’une personne non initiée puisse pouvoir s’imaginer une piste cycliste. Je tenais également à souligner que l’UCI ne laisse rien au hasard . Dans des articles qui ne paraissent pas ici, il est inscrit un certain nombre de normes concernant la sécurité des coureurs.

La plupart des épreuves, pour ne pas dire toutes, se pratiquant sur piste sont des courses très rapides, en fait, ce sont des sprints ! La surface parfaitement plane permet la construction de vélos très aérodynamiques, mais aussi très fragiles. Toutes les contraintes dus aux reliefs accidentés et au virages tordus que l’on rencontre sur la route disparaissent. Cela permet la suppression des freins et des dérailleurs, afin d’alléger les bicyclettes au maximum. Signalons que l’absence des freins est parfois la cause de chutes spectaculaires

Sur les pistes, on rencontre une technologie de pointe. On utilise plus ou moins le même matériel que dans les contre la montre, mais en version piste, soit : plus léger et plus aérodynamique. Les pistards utilisent des jantes lenticulaires, des cadres monocoques devenant toujours plus fins et légers. Surtout, rappelons-le, leurs machines sont dépourvues de tous les accessoires indispensables sur la route comme les freins, les dérailleurs, les bidons, etc.

Les épreuves sur piste sont nombreuses. Elles requièrent généralement moins d’endurance que les épreuves sur route ou de VTT, mais une grande force et de la nervosité, ou plutôt de la vivacité ! On peut comparer les disciplines du cyclisme au discipline de la course à pied. Les courses en ligne pourraient alors être comparables aux marathons, et les épreuves sur piste aux épreuves en stade comme le 100 m. Je pense que grâce à cette comparaison, vous vous ferez une meilleure idée de la chose.

En Europe, les pistards sont moins populaires que les routards ! Je suis sûr que le Français Florian Rousseau, champion olympique et champion du monde sur piste, ou plus simplement un des meilleurs pistards du moment est moins connu que Jan Ullrich qui a " seulement " gagné un Tour de France ! Par contre, en Asie et plus particulièrement au Japon, les épreuves sur piste rencontrent un succès populaire presque aussi important que les courses de chevaux des Européens et des Américains. Les Japonais parient sur l’issue des courses qui ont lieu tous les jours dans les nombreux vélodromes de leur pays. Les enjeux sont énormes et les gains des coureurs également.

Au pays du soleil levant, le keirin est devenu un véritable phénomène de société. Chaque jour des courses ont lieu et il est possible de parier sur leurs issues. Des journaux spécialisés publient quotidiennement la cote des coureurs, l’état de leur forme physique, etc. Le keirin est totalement comparable aux courses de chevaux, sauf que l’on parie sur des hommes et non pas sur des animaux. Il existe des écoles où les coureurs de keirin sont formés à la dure, pour devenir un jour le roi du vélodrome et surtout empocher le pactole ! En effet, la plupart de ces hommes ne font pas cela pour le plaisir de pratiquer le cyclisme, mais uniquement pour l’argent, qui est devenu la seule motivation. C’est peut-être pour cette raison qu’il est rare de voir s’imposer des Japonais lors de rencontres internationales...

L’UCI reconnaît actuellement quinze épreuves qui se déroulent sur vélodrome. Il s’agit donc du :

  • 200 mètres contre la montre, c’est une course de qualification à laquelle les coureurs prennent part pour participer à une autre épreuve. Les départs sont donnés à intervalles réguliers et le coureur ayant parcouru les deux cents mètres le plus rapidement a gagné.

  • la vitesse, dans cette course les deux coureurs qui s’affrontent doivent faire deux ou trois tours de piste, suivant sa longueur, et le plus rapide à l’issue du sprint se qualifie pour les finales.

  • la poursuite individuelle, c’est une épreuve qui se dispute sur quatre kilomètres pour les hommes et trois kilomètres pour les femmes. Deux coureurs prennent le départ à un point diamétralement opposé et tente de se rejoindre. Le plus rapide se qualifie pour les finales.

  • la poursuite par équipe, les règles de base sont les mêmes que pour la poursuite individuel, sauf que l’on trouve quatre coureurs par équipe et qu’ils ont bien entendu le droit de s’entraider. Le temps est pris sur la roue avant du troisième coureur.

  • le kilomètre et les 500 mètres, ces deux distances sont parcourues en contre la montre individuelle et les départs sont donnés à l’arrêt. Ces épreuves sont courues en finale directe.

  • la course aux points, cette épreuve est courue sur quarante kilomètres pour les hommes et vingt-quatre pour les femmes. Approximativement tous les deux kilomètres, suivant la longueur de la piste, un sprint est disputé. Les coureurs gagnant ces sprints intermédiaires remportent un certain nombre de points : cinq pour le premier, trois pour le deuxième, deux pour le troisième et un pour le quatrième. Le nombre de points est doublé lors du dernier sprint. La victoire est attribuée au coureur ayant parcouru le plus grand nombre de tours et ayant le plus de points; la distance est la première à être prise en compte.

  • le keirin est une épreuve dans laquelle les coureurs disputent un sprint après avoir effectué un certain nombre de tours en peloton derrière un meneur à cyclomoteur. (article 3.2.134 du règlement du sport cycliste)

  • la vitesse olympique, cette épreuve se dispute par équipe de trois et se court sur trois tours de piste. Chaque coureur doit faire un tour au-devant, ensuite il s’écarte et quitte la piste sans gêner l’équipe poursuivante. Le dernier homme doit arriver seul au bout du troisième tour.

  • l’Américaine (madison), cette course est disputée par équipe de deux et se court sur cinquante kilomètres. Elle comprend un certain nombre de sprints rapportant le même nombre de points que lors d’une course aux points. Les deux coureurs se relaient à la main ou au cuissard. Le classement s’effectue de la même manière que pour la course aux points.

  • le scratch est une course individuelle sur une distance déterminée, dont le classement s’établit uniquement à la distance. (article 3.2.173 du règlement du sport cycliste)

  • le tandem, il s’agit ici d’une compétition régie par les règles de la vitesse, mais qui se court avec un tandem.

  • le demi-fond est une épreuve où chaque coureur roule derrière un entraîneur à motocyclette; ces courses se disputent, soit sur une durée déterminée (une heure), soit sur distance fixe (série vingt-cinq km, finale : deux manches de trente kilomètres chacune). Chaque série compte huit coureurs maximum. Le vainqueur de chaque série remporte un certain nombre de points lui permettant de se qualifier pour la suite de l’épreuve.

  • la course à l’élimination est une épreuve individuelle dans laquelle le dernier coureur de chaque sprint intermédiaire est éliminé (article 3.2.218 du règlement du sport cycliste). Les sprints sont disputés tous les deux tours ou tous les tours, suivant la longueur de la piste.

  • les épreuves de six jours, ces épreuves durent six jours consécutifs et doivent compter au moins trente heures de course. Elles se courent en équipe de deux ou de trois, le but étant d’engranger un maximum de points durant les différentes épreuves.

Comme vous avez pu le constater, les épreuves sur piste se jouent sur une courte distance ou au sprint. Généralement, les coureurs sont départagés au centième de seconde; c’est pour cela que toutes les innovations techniques pouvant faire gagner quelques centièmes de seconde sont toujours les bienvenues dans cette discipline.

Dans le tableau ci-dessous, je vais citer les résultats obtenus sur piste lors de deux principales compétitions que comporte une saison cycliste. De gauche à droite apparaîtront: le genre de course, le nom du vainqueur, sa nationalité et le temps ou les points :

 

 

3.2.2.1 Le record de l’heure

Le record de l’heure est une course contre la montre qui se déroule sur piste afin de pouvoir disposer de la meilleure technologie. Le but de cette compétition est de parcourir un maximum de kilomètres en une heure très exactement.

Cette épreuve a été introduite en 1893 par le Français Henri Desgrange qui a inscrit le premier record du monde de l’heure de l’histoire avec une vitesse de 35,325 kilomètres par heure. Actuellement, notamment grâce à une meilleure préparation des coureurs, mais surtout grâce aux progrès technologiques faits au niveau de l’aérodynamie et de la légèreté le record du monde de l’heure est détenu par le Britannique Chris Boardman avec une vitesse surpassant les 56 kilomètres par heure !

Dans le tableau ci-dessous, je vais citer les différents records de l’heure qu’a comporté l’histoire du cyclisme. Cette liste permet de visualiser de manière assez nette l’évolution des progrès technologiques. En effet, les nouveaux records du monde de l’heure correspondent relativement souvent à une innovation technique. De plus, il permet également la mise en évidence des différentes nations dominant ce sport au cours de notre siècle.

De gauche à droite apparaîtront la date à laquelle le record fut battu, la vitesse (en km/h), le nom du coureur, sa nationalité et la piste sur laquelle le record a été battu.

 

 

3.2.3 Le vélo tout terrain (ou mountain bike ou VTT)

Cette discipline est comprise parmi les plus récentes du cyclisme, mais elle est également celle qui remporte le plus de succès envers les jeunes. Cette dernière est née au début des années quatre-vingt et l’épreuve du cross-country a été admise pour la première fois aux Jeux olympiques de 1996 à Atlanta, soit environ quinze ans après ses premiers pas. Je crois que cet exemple illustre assez bien le succès qu’a remporté cette discipline. Je pense que j’exagère à peine si je dis que le VTT s’est transformé en un véritable phénomène de mode à la fin des années 1980.

Rappelez-vous donc, il y a seulement dix ans de celà, tous les jeunes voulaient un mountain bike. C’est la fin du vélo traditionnel, les vélos tout terrain sont à la mode et toute la jeunesse de l’époque se les arrache. Combien de vitesses a le tien ? 18 ! C’est nul le mien en a vingt et une ! Voilà en quoi se résumaient les discours des jeunes apprentis cyclistes des années 1985. Dans certain magasin de cycles (encore actuellement), le VTT remplace peu à peu les vélos traditionnels, pourtant plus confortables et plus pratiques en ville. Pour se procurer un vélo de course il faut commander; il n’y a plus que très peu de stock. Par contre, le choix en VTT est souvent immense. Ensuite les fourches télescopiques sont apparues et la mode est relancée tout le monde veut des fourches. Pourquoi ? A quoi cela sert-il ? Je suis persuadé que la plupart des jeunes ne le savent pas : c’est à la mode ! Ou alors ils le savent, mais ils ne les utilisent pas à bon escient !

La plupart des gens achètent systématiquement un VTT, pour quelle raison ? Parce que ce sont les vélos que l’on trouve facilement sur le marché et souvent à prix cassés. En effet, les vélos de ville ont pratiquement disparu et les vélos de course sont généralement réservés à une clientèle de spécialistes. Mais voilà, la mode a complètement faussé l’utilisation de ce matériel conçu pour la montagne, les chemins rocailleux et boueux. Il faudrait faire un sondage pour en être parfaitement sûr; mais je suis intimement convaincu que les trois quarts des personnes possédant un mountain bike roulent uniquement sur du bitume. Excusez-moi du terme, mais il n’y a rien de plus " débile " que d’acheter un vélo conçu pour la montagne afin de rouler sur la route !

Voilà quelques raisons raisons de ne pas utiliser un vélo tout terrain sur la route :

  • Les pneus de VTT ont généralement des crampons qui s’usent très vite sur la route, alors que sur le terrain l’usure des pneus est moindre.

  • La forme du VTT est peu aérodynamique, alors que l’aérodynamie est primordiale sur la route, en montagne le phénomène de résistance à l’air est moindre vu que la vitesse est nettement moins élevée.

  • Les roues du VTT sont très larges afin d’avoir une bonne adhérence sur le terrain. Cette forte adhérence devient ridicule sur la route, elle nous freine considérablement et amplifie donc l’effort à fournir.

  • Des fourches télescopiques sur la route ? Mais pour quoi faire ? Il n’y a aucune bosse à amortir sur une route bien goudronnée ! Nous ne sommes pas sur les fameux pavés de Paris – Roubaix !

  • De plus, pour toutes les personnes ne désirant pas faire de la compétition, sachez que le VTT est très inconfortable ! Un vélo de course est un peu plus confortable et un vélo route (actuellement considéré comme le vélo à grand-papa) est très confortable !

Mais derrière ce phénomène de mode ayant parfois des effets illogiques, se cache un véritable sport reconnu par l’UCI et le Comité olympique. Cette discipline comporte quatre grandes épreuves : le cross-country, la descente, le trial et le slalom. Elle se pratique à travers bois sur des chemins rocailleux. Cette discipline se pratique en équipe, mais les différents rôles que jouent les équipiers des coureurs sur route sont inexistants. Le VTT est un sport avant tout individuel, qui requiert une grande endurance et surtout une grande maîtrise du vélo (la technique).

Ce sport relativement dangereux comporte de nombreuses chutes mémorables qui le rendent assez spectaculaire. Mais pourtant la moyenne de vitesse des coureurs se situe rarement au-dessus des trente kilomètres par heure. Comme je l’ai déjà signalé plus haut la résistance à l’air est amoindrie vu que la vitesse est plus faible (la résistance à l’air se calcule avec le carré de la vitesse), donc le regroupement en peloton est pratiquement inexistant et parfois même impossible car les chemins empruntés sont souvent trop étroits.

Voilà ce que dit le règlement international du mountain bike 1998 quant au parcours :

1.3.1.

Le tracé d’une épreuve de mountain bike devra si possible comprendre des tronçons de routes et de pistes forestières, des champs et des chemins de terre ou recouverts de gravier. La distance à parcourir sur routes pavées ou goudronnées ne doit pas excéder 15% du parcours total.

Un autre point important de ce sport est que le changement de matériel en course est strictement interdit. Toutes réparations ou modifications apportées au vélo lors de course peuvent entraîner la disqualification. Cela est totalement contraire aux règles en vigueur sur la route, où le changement de matériel est autorisé. Article du règlement international du mountain bike 1998 :

1.9.2

Les réparations ou les modifications apportées aux vélos, les ravitaillements non autorisés ou toute autre forme d’assistance extérieure entraîneront une disqualification.

Avant de traiter des différentes épreuves, je tients a signaler que l’UCI punit tous les concurrents ne respectant pas la nature et c’est à mon avis une très bonne chose ! Articles du règlement international du mountain bike 1998 :

1.8.3.9

Les coureurs respecteront la nature et ne quitteront pas le parcours officiel. Ils veilleront à ne pas polluer le site et ne laisseront aucun détritus derrière eux.

1.8.3.10

Aucun récipient en verre ne sera toléré sur le parcours ou proximité.

 

3.2.3.1. Le cross-country

Le cross-country est, en gros, l’épreuve en ligne du cyclisme sur route. Il se déroule sur des chemins forestiers, comme signalé plus haut. (cf. article 1.3.1 du règlement international du mountain bike 1998.). La durée de ces épreuves est limitée à deux heures minimum et deux heures et demie maximum pour la catégorie élite. Ceci correspond environ à une distance de cinquante kilomètres. Normalement, le parcours doit être effectué à cent pour cent sur le vélo, sans tenir compte de l’état du terrain et des conditions météorologiques, mais les commissaires peuvent autoriser les coureurs à descendre du vélo si cela est bref et inévitable. La plupart du temps, ces compétitions se courent sur des circuits d’une dizaine de kilomètres.

Après seulement une quinzaine d’années d’existence et une seule participation aux Jeux olympiques, la technologie est déjà bien avancée. Un vélo de montagne doit avoir avant tout trois qualités :

  • La solidité, pour résister à des conditions de terrain extrême.

  • Le confort, le terrain étant très accidenté, le vélo doit être conçu de manière à préserver le coureur des différents chocs.

  • La légèreté, pour les parties techniques de la course, le vélo doit être parfaitement maniable et, plus il est léger, plus il est maniable. Le coureur doit pouvoir le soulever sans difficulté.

En cross-country, le vélo doit bien entendu posséder ces trois qualités mais, pas dans les mêmes proportions que pour la descente. L’accent est surtout mis sur la légèreté et sur la maniabilité. Dans les montées, la technique est relativement importante et la légèreté est primordiale. Il est plus facile de monter un vélo de douze kilos en haut d’une pente rocailleuse qu’un vélo de seize kilos ! Sur le plat, il est également plus agréable d’avoir un vélo léger et maniable. Mais comme l’épreuve du cross-country comprend également quelques descentes, et comme le changement de vélo est impossible, il doit aussi être prévu des accessoires améliorant le confort. La solidité est bien entendu primordiale car les chocs sont nombreux et parfois violents. De plus, rappelons que le changement de matériel durant la course est totalement interdit.

Une bicyclette de cross-country ressemble donc à un VTT comme on a l’habitude de le voir; un cadre en losange, généralement en alu ou en titane, des fourches télescopiques afin de limiter les vibrations ressenties au niveau des poignets, un guidon plat et les mêmes accessoires qu’un vélo de course, revu en version montagne, c’est-à-dire plus de solidité pour la plupart.

 

3.2.3.2 La descente

La meilleure manière de résumer ce genre d’épreuve précisément et clairement est de citer un article du règlement international du mountain bike 1998 :

1.7.3

Descente ou " DH " (downhill)

Le tracé d’une descente comprendra au maximum 3% de tronçons pavés et/ou goudronnés et doit être aménagé entièrement en descente. Le parcours devra présenter des secteurs de types différents : pistes étroites et pistes larges, chemins forestiers, pistes champêtres, pistes en forêts et pistes rocailleuses. Il devra d’autre part proposer des tronçons techniques plus ou moins rapides. Plutôt que sur la capacité des coureurs à pédaler, l’accent devra être porté sur leur habileté technique. Idéalement la longueur minimum est de 1.5 km et la longueur maximum de 5 km.

La victoire sera attribuée au coureur descendant le plus rapidement. Je pense qu’il est inutile de vous préciser que ce sport est très dangereux et que les chutes sont fréquentes. Malheureusement, ce sport étant encore relativement nouveau, l’UCI n’a pu instaurer des règles de sécurité internationales. Cependant, voilà ce qu’elle conseil, articles du règlement international du mountain bike 1998 :

3.3.1.3

Tirant parti de son expérience, l’UCI recommande toutefois fortement aux compétiteurs de porter les accessoires de protection suivants :

3.3.1.3.1

casque intégral;

3.3.1.3.2

protection dorsale, des coudes, des genoux et des épaules faites de matériaux rigides;

3.3.1.3.3

rembourrage des cuisses;

3.3.1.3.4

rembourrage des tibias;

3.3.1.3.5

longs cuissards;

3.3.1.3.6

maillots à manches longues;

3.3.1.3.7

gants protégeant les doigts.

3.3.1.4

Le port d’un casque de protection est obligatoire, aussi bien en compétition qu’à l’entraînement sur le parcours. Ce casque devra répondre aux normes de sécurité imposées par la fédération organisatrice.

J’espère qu’après avoir lu cette liste assez exhaustive, vous vous imaginerez mieux les dangers que peu comporter ce sport, s’il n’est pas maîtrisé.

La technologie, dans cette épreuve, est surtout axée sur le confort. La vitesse étant parfois très élevée, les poignets et la colonne vertébrale des coureurs doivent être préservés des chocs violents que subit le vélo sur un terrain très accidenté. La solidité est aussi très importante, il ne faut pas que le cadre casse au moindre choc un peu violent. La légèreté n’a pas vraiment sa place dans cette épreuve entièrement aménagée en descente.

Ces vélos sont donc équipés de fourches télescopiques, mais c’est surtout au niveau du cadre que les principales modifications sont apparues. Afin de préserver le dos des vibrations, les constructeurs ont adapté un genre de suspension sous la selle. La raponse entre les tubes n’est pas une banale soudure, mais un ressort qui amortit considérablement les chocs provenant de la roue arrière. Pour plus de détails quant à ce système, rendez-vous au chapitre cyclisme et technologie, les cadres. Il est également de plus en plus courant d’équiper les vélos de descente avec des freins à disque.

Malgré le grand succès que rencontre cette discipline, elle est encore très peu médiatisée. Les résultats obtenus aux différentes manches des Championnats du monde sur route apparaissent dans tous les journaux; les courses sont retransmises en direct sur des chaînes de télévision nationale. Par contre, le VTT reste médiatiquement dans l’ombre. Pour connaître les résultats obtenus, il faut consulter la presse spécialisée et les courses ne sont que rarement retransmises sur des chaînes privées.

En ce qui concerne la télévision, l’excuse est de taille : le terrain ne permet pas de suivre les coureurs de manière permanente. Mais des caméras fixes, déjà utilisées lors de manifestations importantes, ont fait leurs preuves; il suffit d’ajouter un commentaire intéressant ! Les journaux, quant à eux, n’ont pas vraiment d’excuses; s’ils peuvent publier un article concernant une course sur route de six heures, ils peuvent également en publier un sur une course de VTT de deux heures trente maximum !

Peut-être que ce nouveau sport très populaire chez les jeunes n’est pas encore rentré dans les moeurs. Mais je pense que d’ici une quinzaine d’années, le mountain bike sera aussi médiatisé que la route, il suffit de laisser le temps à la première génération de construire de bonnes fondations.

Dans le tableau ci-dessous, je vais citer les résultats obtenus aux Championnats du monde de Château d’Oex 1997 et aux Jeux olympiques 1996 à Atlanta. Sur la première ligne apparaîtront les résultats des hommes et sur la seconde les résultats des femmes. En effet, le VTT concède jusqu’à maintenant une plus grande place aux femmes que la route et la piste. Ensuite, apparaîtront de gauche à droite, la nationalité, la distance parcourue et le temps.

 

 

3.2.4. Conclusion du chapitre : les différentes épreuves

Comme vous avez pu le constater, les disciplines et les épreuves se pratiquant avec un vélo sont très nombreuses. C’est pour cette raison que je n’ai pu traiter toutes les disciplines. En effet, pour être complet, j’aurais entre autre dû vous parler du BMX et du cyclocross. Il manque également certaines épreuves comme le critérium pour la route, les courses par étape VTT, etc...

Le cyclisme est très vaste et c’est pourquoi j’ai préféré m’en tenir aux trois disciplines que vous venez de découvrir. Les autres sont également très intéressantes, mais moins bien connues du public et je les ai donc laissées tomber. J’espère que les adeptes de ces disciplines manquantes ne m’en voudront pas, car je précise qu’il ne s’agit pas d’un oubli de ma part, mais plutôt d’une diminution de ma masse de travail !

 

3.3. Les organisations cyclistes

Ce chapitre ne rentrant pas vraiment dans le contexte de mon travail, je vais simplifier les choses au maximum. On distingue cinq principales organisations cyclistes :

  • L’UCI, Union Cycliste Internationale.

  • La FCS, Fédération Cycliste Suisse, et toutes les fédérations nationales.

  • La FJC, Fédération Jurassienne de Cyclisme, et toutes les fédérations régionales.

  • Le VCOD, Vélo-club Olympia Delémont et tous les clubs cyclistes.

  • Les équipes professionnelles comme Festina, Banesto, Telekom, La Française des Jeux, l’équipe Suisse Post Swiss Team, etc.

 

L’UCI : j’ai déjà cité quelques fois cette organisation et son fameux règlement du sport cycliste. Il s’agit donc de l’organisation mondiale de cyclisme qui dirige toutes les courses et manifestations internationales, c’est-à-dire la plupart des rencontres professionnelles.

Elle édicte un règlement à respecter lors des compétitions qu’elle chapaute et auquel tous ses membres doivent aussi se soumettre. Ce dernier comprend des normes techniques, des règles concernant le dopage, les règles régissant le déroulement des différentes épreuves, etc... On y trouve absolument tout ! L’UCI est en quelque sorte le pouvoir suprême du cyclisme, un peu comparable à la Confédération Suisse et ses multiples cantons. L’UCI serait la Confédération et les fédérations nationales les cantons qui conservent tout de même une certaine indépendance.

Pour faire respecter ses " lois ", l’UCI dispose d’un certain nombre de commissaires présents lors de chaque manifestation. Ce sont eux qui dirigent et qui contrôlent pour que tout se déroule dans les normes fixées par l’UCI. Cette dernière est également l’organe juridique international en cas d’infractions à ses règles.

 

La FCS : C’est une Fédération nationale comme on en trouve dans la plupart des pays. C’est comme je l’ai dit précédemment l’équivalent d’un canton. Elle dispose de son propre règlement, qui ne doit pas aller à l’encontre de celui édicté par l’UCI.. Ce dernier s’applique également lors des courses nationales qu’elle organise tout au long de l’année.

Elle dispose aussi de commissaires chargés de veiller au bon déroulement des compétitions qu’elle organise. Elle peut également prononcer des sanctions en cas d’infraction à son règlement.

 

FJC : On descend encore un peu dans l’échelle géographique. Il s’agit ici de Fédérations régionales, regroupant un certain nombre de clubs. La FJC regroupe les différents clubs Jurassiens. Si l’on continue nos comparaisons avec les circonscriptions politiques, les Fédérations régionales seraient en quelque sorte les districts et les clubs les communes.

Elles édictent elles aussi certaines règles à respecter lors des courses régionales qu’elles organisent. Mais la plupart du temps, elles se réfèrent aux règles nationales ou internationales. L’aspect très rigoureux que représente l’UCI et la FCS s’estompe un peu. Il s’agit ici d’un regroupement de personnes que tout le monde connaît et l’ambiance est plus détendue.

 

Le VCOD : c’est un club comparable à un club de foot ! Il édicte bien sûr certaines règles régissant le championnat interne du club, mais rien de comparable à celles édictées par les deux grandes organisations. Il réunit avant tout un certain nombre de passionnés au sein d’un groupe qui leur offre un certains avantages. Dans un club, on distingue plusieurs groupes de personnes.

  • Les membres, ce sont eux qui soutiennent financièrement le club en payant leurs cotisations. Le club dispose également d’un sponsor dont le nom doit apparaître sur les maillots. Il ne sont en aucun cas soumis aux règles de la FCS ou de l’UCI.

  • Les coureurs, ce sont les membres qui participent aux différentes courses en portant les couleurs de leur club. Dans ce groupe, on distingue deux sous-groupes :

  • Les coureurs non-licenciés, c’est-à-dire qui ne sont pas membres de la FCS. Ils ne peuvent donc pas participer aux courses nationales ou internationales, donc ils ne sont soumis qu’au règlement de la FJC ou de la Fédération régionale.

  • Les coureurs licenciés : eux, par contre, sont membres de la FCS, donc automatiquement de l’UCI puisque la FCS en est membre. Ils peuvent participer librement à toutes les courses nationales et, s’ils atteignent un certain niveau, aux courses internationales. Cette catégorie-ci de coureurs est donc directement confrontée aux normes techniques et aux contrôles antidopage de la FCS et de l’UCI.

 

Les équipes professionnelles : dans ce cas, il ne s’agit pas vraiment d’une organisation régissant le cyclisme dans un certain secteur géographique, mais d’un regroupement de tous les meilleurs coureurs mondiaux au sein de différentes équipes. Elles sont un peu comparables à des clubs. Il y a des coureurs et un sponsor, sauf que dans ce cas nous ne sommes plus à l’échelle régionale, mais internationale !

Les coureurs professionnels sont payés par des grandes marques ou entreprises, comme par exemple :

 
  • Festina est une marque de montre espagnole.

  • Banesto est une banque espagnole.

  • ONCE et La Française des Jeux sont les loteries nationales françaises et espagnoles.

  • Les postes ont également les leurs : Post Swiss Team en Suisse et US Postal aux USA.

  • Mapei-GB est une entreprise internationale italienne.

  • Etc ...

Les règles de base devant régir une équipe professionnelle se trouvent dans le règlement de l’UCI. Tous les coureurs étant engagé dans ces équipes disposent d’une licence UCI élite, ce qui leur permet de courir dans n’importe quelle course.

 

Voilà en gros les différentes organisations; mais ce sujet pourrait être matière à un autre travail car il est très complexe. Enfin, j’espère que vous avez plus au moins compris comment fonctionne le cyclisme et que l’UCI et la FCS représenteront plus pour vous que de simples initiales incompréhensibles et méconnues. Ce qui est fondamental, c’est que chacune de ces organisations dépend de l’UCI et ne doive rien faire de contraire à ce qu’elle décide. La comparaison avec les différentes " zones " politiques est à mon avis très illustrative !

 

Vers la suite > > >

 

 

| Accueil | Présentation | Philosophie | Prestations | Publications | Plan du site | Contact |


(c) Spada Fabrice 2013